Benbouzid tend la perche aux syndicats, “La grève n’a pas d’avenir, la réforme si”

Liberte; le Dimanche 19 Mars 2006
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Il ne leur offre néanmoins rien. Car selon lui, les problèmes qu’ils posent sont propres à tous les personnels de la fonction publique.Le thème choisi hier à la réunion des directeurs de l’éducation à l’hôtel Mouflon d’Or, portant sur le nouveau projet de l’établissement et de service, a été éclipsé par la fronde syndicale et l’offre de dialogue que vient d’émettre le ministre Boubekeur Benbouzid. “Nos portes sont ouvertes aux syndicats”, a-t-il martelé dans son allocution et au cours d’une conférence de presse. Cette attitude conciliatrice a été enjointe aux directeurs de l’éducation et aux chefs d’établissement qui, à leur tour, doivent “coopérer” avec les représentants des travailleurs et les associer dans les “affaires de l’école”. “La réforme concerne aussi les syndicats. Il n’y pas de réforme sans l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs. Il faut les aider”, a décrété le premier responsable du département de l’éducation. Néanmoins, en dépit de sa disponibilité, il n’a rien à leur offrir. “L’augmentation des salaires est un problème qui concerne tous les fonctionnaires”, a-t-il remarqué, faisant valoir qu’il est posé à haut niveau et qu’il sera discuté au cours de la prochaine tripartite. Si pour Benbouzid, les revendications des enseignants sont généralement légitimes, certaines comme le réaménagement du système de retraite lui inspirent des réserves sur les motivations de leurs auteurs. “Avant, on nous demandait de pouvoir aller à la retraite après 25 ans d’exercice. Maintenant, on réclame une retraite à 100%. Que va-t-on encore requérir demain”, a-t-il commenté. Ses soupçons ciblent des syndicats qui “font — plutôt — de la politique”. “Ces gens-là venaient nous voir. Je leur ai même donné un siège. Mais, nous nous sommes rendus compte qu’il n’y a aucun résultat”, s’est-il épanché. Dans une énième exhortation à la sagesse, en prévision de l’action de protestation de l’intersyndicale prévue pour la mi-avril, il a eu cette réflexion : “La grève ne mène à rien, la réforme si.” La réhabilitation du rôle des enseignants, selon Benbouzid, trouve écho dans la mise en place de différents conseils pédagogiques, d’orientation… etc., où ils siégeront au niveau des établissements scolaires, à tous les paliers de l’enseignement. Ces forums, qui seront créés suite à la réalisation des projets de l’établissement et de service, seront également ouverts aux parents d’élèves. “Il faut que les gestionnaires et les enseignants se délivrent de l’isolement et de la stagnation”, a préconisé le représentant de l’exécutif. Car, à l’heure actuelle, le constat demeure mitigé. Trois ans après l’application de la réforme du système éducatif, il admet que “les résultats ne sont toujours pas satisfaisants”. Contraignant les directeurs de l’éducation et des écoles à une obligation de résultats, il leur fixe des objectifs portant sur la hausse du taux de scolarisation à 100%, et celui de l’admission au bac à 70%. “Jusque-là, nous nous sommes contentés de poser les problèmes chaque année sans leur trouver de solutions”, a-t-il observé. La logique de l’introspection ayant été choisie désormais, le ministère multiplie les remises en question. En avril prochain, il organisera une conférence sur le bilan des étapes de la réforme. La mise en place du nouveau système de management des établissements scolaires sera précédée, quant à elle, d’un débat au cours des conférences régionales et de wilayas. S. L.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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