Bouteflika se sépare de l’un de ses fidèles, Belaïz, la victime d’une incompatibilité d’humeur

Liberte; le Samedi 16 Mai 2015
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Le désormais ex-ministre de l’Intérieur voulait quitter le navire Sellal pour des raisons de santé.
Il en avait même formulé le vœu lorsqu’il était à la tête de la Justice. Mais là, il n’a pas échappé au principe des incompatibilités d’humeur, que ce soit avec le Premier ministre ou avec le patron de la police.
Vieux routier de l’équipe Bouteflika, Tayeb Belaïz, désormais ex-ministre, n’a pas pu tenir davantage la route pour des raisons multiples. À commencer par son état de santé, raison pour laquelle il a été déjà donné partant lorsqu’il était à la tête du département de la Justice. Au poste de l’Intérieur, il n’a pas échappé à “la doctrine” des incompatibilités d’humeur qui ont marqué le passage de ses prédécesseurs, que ce soit avec le Premier ministre ou avec le patron de la police.
Même si Belaïz réussit à gagner des points dans la gestion du dossier des gardes communaux, il sera tenu à l’écart et bien éloigné de celui de la fronde de la police lorsque les RUS qui ont marché sur le Palais du gouvernement ensuite sur la Présidence ont refusé son “offre de service”, ainsi que celle de leur premier chef, le général-major Hamel, DGSN. Sellal s’en sort avec une belle étiquette de véritable responsable et homme de dialogue ; ce qui va davantage accentuer le différend entre les deux hommes qui s’arrangeront à se bouder mutuellement.
Et bien entendu avec le DGSN, crédité d’ambitions politiques, qui n’a pas vu venir l’inédite fronde. Proche du premier cercle présidentiel, fidèle soutien au président, qui le lui rend bien en le reconduisant dans l’Exécutif, et depuis la réélection de Bouteflika pour un 4e mandat, Belaïz passera en mode “off” avec des éclipses régulières et apparaît pratiquement effacé.
Il aurait d’ailleurs, selon certaines sources, demandé lui-même à être déchargé de sa fonction ministérielle. Pas avant la tenue de la présidentielle de 2014 dont il a été un des principaux architectes. Ayant en plus sous sa coupe la machine administrative qui gère tout le processus du scrutin. Une année après, il quitte ce poste sensible et de souveraineté qui sera confié, chose inattendue et n’ayant pas un jour figuré dans les pratiques du pouvoir, à un ex-wali. Un connaisseur de l’intérieur du pays pour avoir exercé dans plusieurs wilayas, mais qui demeure “un technicien” qui se situe aux antipodes de la chose politique. Il est, à la limite, un administrateur beaucoup plus au fait de la gestion des collectivités locales. D’où la question autour de sa mission à l’Intérieur qui s’impose.
Le Président a-t-il besoin, pour cette période, uniquement d’un ministre strictement “administratif” ? Si la réponse est affirmative, cette décision devrait renvoyer au fait que le Président n’a pas de nouveaux projets ou de projets d’envergure pour l’Intérieur. Probable.

D. B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Djilali Benyoub

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