Contentieux redresseurs-Amar Saâdani sur le 10e congrès du FLN, La justice tranchera le 27 mai

Liberte; le Jeudi 21 Mai 2015
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La justice tarde à statuer dans la désormais “affaire FLN”. Une tergiversation que chacune des deux parties en conflit interprète comme le prélude à un verdict favorable à sa cause.

Attendue pour hier, sur le recours devant la justice pour l’annulation de l’autorisation du 10e congrès du Front de libération nationale (FLN), attribuée par les services de la wilaya d’Alger à la direction du parti, la décision du tribunal de Bir-Mourad-Raïs a été une nouvelle fois différée pour le 27 mai prochain, soit la veille du congrès convoqué pour les 28, 29 et 30 du mois. Une décision qui ne préoccupe pas outre mesure les plaignants. Bien au contraire, ces derniers semblent confortés tant ils croient que c’est une décision qui atteste de la “solidité” de leur dossier. Dans sa réaction à chaud, Abderrahmane Belayat, coordinateur des redresseurs dont les différentes fractions se sont rapprochées dernièrement pour constituer un front commun contre Saâdani, a déclaré que ses partisans restent en effet “confiants et sereins”. Pour lui, c’est la partie adverse qui vient d’être “ébranlée” dans cette affaire que la justice tarde encore à trancher. Si les spécialistes en la matière croient très peu à la thèse de voir la justice remettre en cause l’autorisation délivrée par une institution, en l’occurrence la wilaya d’Alger, Belayat, lui, souligne en revanche que quelle que soit la décision qui sera rendue par la justice le
27 mai prochain, elle n’entamera en rien le combat engagé par les militants anti-Saâdani. “Nous allons poursuivre notre combat jusqu’au bout, et ce, quelle que soit la décision que rendra la justice en laquelle nous avons confiance”, a juré le représentant des redresseurs. Belayat et ses compagnons du FLN, notamment Salah Goudjil et Abdelkrim Abada, se préparent, d’ores et déjà, à faire face à tous les scénarios possibles. Au cas où ils seraient déboutés par la justice et que le 10e congrès se tiendrait, ils prévoient de porter une seconde plainte juste après pour demander son annulation. En attendant, les adversaires de Saâdani multiplient leurs sorties médiatiques et manœuvres en coulisses. Dans la matinée d’hier encore, c’est Abdelkrim Abada, membre du comité central et autre coordinateur des redresseurs du FLN, qui est revenu à la charge pour descendre en flammes Saâdani et réitérer son refus de participer au 10e congrès qu’il qualifie de “préfabriqué” et de “cirque-Amar !”. Invité au Forum du quotidien El-Wassat, Abada s’est longuement lamenté de la crise patente qui secoue le parti depuis notamment le
9e congrès. Si cette crise est imputée à Saâdani, la responsabilité du président du parti, qui n’est autre que le président Abdelaziz Bouteflika, n’est pas moins engagée, selon Abada. Ce dernier juge qu’il est de son devoir de militant et de président du parti de s’impliquer en vue de sauver le parti de cette crise profonde. De l’avis d’ Abada, il y a deux cas de figure qui expliqueraient le maintien en retrait du président Bouteflika.  “Ou bien, il n’est pas informé ou très peu sur la crise que traverse le parti, où il l’est et ferme les yeux, donc il cautionne. Dans les deux cas, ce n’est pas normal”, regrette-t-il, même s’il a encore du mal à se déclarer opposant à Bouteflika. “Cela ne veut pas dire que nous sommes contre le Président”, a-t-il tenu à préciser. Si Abada a insisté sur l’intervention de Bouteflika, il estime néanmoins que “le FLN n’appartient pas à Bouteflika, mais c’est Bouteflika qui appartient au FLN”. Ce qu’il fallait, pour le moins, oser.

F .A.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid Abdeladim

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