CYCLE "NOUVEAU CINÉMA ITALIEN" À LA SALLE EL-MOUGGAR, Un autre regard

Liberte; le Mercredi 7 Mars 2012
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Cinq films, réalisés en 2009 et 2010, retracent la nouvelle approche cinématographique italienne. Entre drame et comédie, c’est la femme-courage qui est sous les feux des projecteurs.Du 5 au 7 mars 2012, la salle El-Mouggar abrite le cycle de films intitulé “Nouveau cinéma italien”. Organisée par l’Institut culturel italien en Algérie, en partenariat avec Cinecittà Luce et l’Office national pour la culture et l’information, cette manifestation se veut, comme l’a déclaré Mme Maria Battaglia, la directrice dudit institut, “un aperçu de la filmographie italienne entre 2009 et 2010, et un clin d’œil aux réalisatrices italiennes”, puisque trois films sur les cinq programmés lors de ce cycle sont l’œuvre de femmes.À raison de deux films (2x2), à partir de 14h, le public algérois peut découvrir l’histoire des femmes italiennes d’aujourd’hui, leur vie, leurs angoisses, leurs peines, leur quête au détriment de leur vie privée… Ce cycle a débuté avec le film Sconfinata giovinezza (une immense jeunesse), du doyen des réalisateurs italiens Pupi Avati avec, en tête d’affiche, Fabrizio Bentivoglio, Francesca Neri. Ce drame de 1998, sorti en 2010, relate l’histoire d’un couple, Lino Settembre et son épouse Chicca, dont la vie est sereine sans les désagréments du quotidien. Seul bémol de cette quiétude conjugale, le manque d’enfants. Cependant, ce manque n’a en aucun cas détérioré leur union. Bien au contraire, soudés, ils font face ensemble à ce vide, puisant leur satisfaction de leur amour et de leurs emplois respectifs… Mais au fil des jours, Lino se rend compte que sa mémoire lui fait défaut. Une défaillance qui s’accentue, rendant son quotidien de plus en plus pénible. Son épouse, se rendant compte de la situation, ne veut pas lui avouer qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer, essaye de le préserver… Une cassure survient quand il devient violent et la frappe sans raison. Malgré cette violence, les sentiments et les liens sont plus forts. L’amour conjugal se transforme peu à peu et devient filial. Par ailleurs, des incursions dans le passé de Lino, surtout son enfance, ponctuent le film. Une régression, voire un contraste sur deux niveaux temporels sous forme de flashbacks couleur sépia créant une ambiance passée, d’une autre époque. Le mari retombe en enfance au départ progressivement, des séquences qui resurgissent, avant que la spirale de la maladie le happe définitivement. De belles images qu’une certaine pudeur des mots vient enjoliver, et surtout dans l’interprétation. Tout est suggéré, aucune exagération ; ce qui développe tout au long de ce film une atmosphère intimiste. Un thème qui va à contre-courant de ce qui se fait dans la pratique cinématographique. Sans drame ni larmes à tout-venant, le réalisateur a réussi à faire d’un drame social une belle fresque cinématographique. Tout est dit dans les silences, les regards et les gestes.Sconfinata giovinezza ne montre pas uniquement la chute d’un homme à cause d’une maladie, mais également la souffrance de sa famille, qui est la plus touchée. Tel un conte, l’histoire de ce film met en avant une histoire d’amour qui se renouvelle, qui se régénère “entre un homme qui s’éloigne de plus en plus du présent, et une femme qui refuse de l’abandonner, qui décide de rester à ses côtés, de régresser avec lui jusqu’à sa plus lointaine enfance.” Un couple qui n’a pas eu d’enfant et dont l’époux le redevient. C’est, entre autres, la bravoure et l’abnégation de la femme qui sont mises en exergue.Pour rappel, le cycle de films “Nouveau cinéma italien” prendra fin aujourd’hui avec la projection de deux films : Matrimoni e altri disastri (mariages et autres catastrophes) à 14h et 18h, de Nina di Majo, et Si può fare (c’est faisable), à 16h et 20h, de Giulio Manfredonia. Hier, c’était avec Lo spazio bianco (espace blanc), de Francesca Comencini, et “Cosmonauta (cosmonaute) de SusannaNicchiarelli, qui ont été projetés.
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Categorie(s): culture

Auteur(s): Rédaction nationale

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