Début de l’audition des personnalités dimanche, Djellab et Laksaci ouvriront le bal

Liberte; le Mardi 19 Mai 2015
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Le procès de Khalifa Bank entamera dimanche prochain sa phase cruciale, celle de l’audition des personnalités en tant que témoins. C’est le très attendu Mohamed Djellab, ministre des Finances sortant du gouvernement Sellal, qui passera le premier en sa qualité d’ancien administrateur provisoire de Khalifa Bank. Le même jour, le magistrat entendra la secrétaire de Moumen Khelifa, Aïouaz Nadjia, et son frère Abdelaziz Khalifa. Lundi, ce sera au tour du gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, de son adjoint Ali Touati, de tous les membres de la Commission monétaire, ainsi que de l’expert judiciaire en finances, Hamid Foufa, de passer à la barre. Cette annonce a été faite par le président du tribunal criminel lui-même qui a précisé qu’il procédera à l’écoute des témoins secteur par secteur. La séance de ce jeudi sera, quant à elle, consacrée à l’audition des accusés ayant purgé leur peine. Ils vont se présenter, cette fois-ci, devant ce tribunal en tant que témoin. Il s’agit notamment de l’ex-directeur de la caisse principale de Khalifa Bank, Akli Youcef, et le directeur de l’agence des Abattoirs, Soualmi.
Le passage à la barre de Mohamed Djellab a été particulièrement réclamé par la défense de Moumen Khelifa qui compte lui poser plusieurs questions, dont celles de savoir où est passé l’argent que Moumen Khelifa affirme avoir laissé dans les caisses avant son départ et quel est le contenu du rapport et les consignes laissées au liquidateur Moncef Badsi.
Durant le procès en première instance tenu en 2007, Mohamed Djellab a déclaré que pour rendre Khalifa Bank conforme à la loi, il fallait trouver comme point de départ 75 milliards de dinars. “Lorsque je suis arrivé sur les lieux, je n'ai trouvé dans les caisses de Khalifa que 20 milliards de dinars.” Ce constat, il l’a établi au bout de trois mois de contrôle. Soit entre mars et mai 2003. “C'était une situation alarmante au point que la question de la régularisation des 11 écritures entre sièges était devenue un tout petit détail.” Il explique qu'il a été désigné pour redresser la situation de Khalifa Bank vu qu'il n'y avait plus de dirigeants. “Il n'y avait pas de procès-verbaux de l'assemblée générale du conseil d'administration, pas de reporting, pièces comptables non fiables, un semblant d’organigramme. J'ai convoqué les actionnaires, Omar Guellimi, l'épouse de Moumen et son frère, pour leur demander s'ils avaient la possibilité de reconstituer les fonds propres. Ils n'ont pas accepté.” Mohamed Djellab tiendra-t-il le même discours dimanche devant Moumen Khelifa, qui pourrait, s’il est autorisé par le magistrat, le contredire ? Le deuxième nom connu en lien direct avec le contrôle du fonctionnement de la banque Khalifa et sa banqueroute est le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci. Il a été nommé à ce poste en 2001 en remplacement d’Abdelwahab Keramane. Lors de son audition, le 25 décembre 2004 par le juge d’instruction, il confirme que Khalifa Bank a procédé à des changements sur sa liste des actionnaires et des cadres dirigeants sans autorisation préalable de la Banque centrale conformément à l’article 139 de la loi sur la monnaie et le crédit, et ce, sans que des mesures disciplinaires soient prises à son encontre. Il soutient, en revanche, qu’il ne savait pas qu’un quart du capital nécessaire à la création d’une banque n’a pas été déposé chez le notaire, avant sa création. Il enfonce le clou en déclarant que la banque Khalifa effectuait ses déclarations mensuelles, semestrielles et annuelles en retard. Il ajoute que, selon des informations qui sont parvenues à la Banque d’Algérie, les transferts de la banque vers l’étranger ont augmenté de manière conséquente, surtout après juillet 2002. Ce qui a poussé cette instance à geler de manière provisoire son activité extérieure. Une décision avalisée, précise-t-il, par la commission bancaire. Enfin, le témoignage de Nadjia Aïouaz est déterminant. C’est elle qui a révélé, avec détails, la liste de hauts responsables qui défilaient dans le bureau de Moumen Khelifa. Lors de son audition, ce dernier lui a dénié cette qualité de secrétaire particulière. “Ce qu’elle a dit sur des ministres est faux et grave”, dit-il.

N. H.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nissa Hammadi

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