Elle n’est plus privilégiée par les pouvoirs publics, La formule location-vente disqualifiée

Liberte; le Mardi 4 Avril 2006
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L’État algérien a investi, durant ces 15 dernières années, pas moins de 2 000 milliards de dinars, soit plus de 20 milliards de dollars dans la production de l’habitat, sans pour autant réduire le différentiel qui n’a pas cessé de se creuser entre l’offre et la demande de logements. La crise du logement n’a, de ce fait, pas perdu de son acuité pour des centaines de milliers de citoyens sans grands revenus, en quête d’un toit que seul l’État peut mettre à leur disposition, moyennant un loyer ou un échéancier de remboursement qui leur est accessible. En termes de satisfaction des besoins d’habitat, l’Algérie a peu évolué, pour ne pas dire fait du surplace. Durant plusieurs années, l’offre de logements n’a concerné que les couches défavorisées c’est-à-dire les ménages à faible revenu, alors que les couches moyennes ne pouvaient accéder ni au logement social ni au logement promotionnel du fait de son coût élevé. Face à ce constat, le gouvernement avait opéré des réajustements au niveau de la démarche globale. La politique adoptée par les pouvoirs publics vise à développer et à diversifier des segments d’offre de logements ou d’aides pour les adapter aux revenus des ménages, en vue de satisfaire la demande de toutes les catégories sociales. Ainsi et en sus du logement social locatif, qui a constitué pendant très longtemps le seul référentiel de la politique du logement, les pouvoirs publics, tout en prévoyant son maintien, ont développé d’autres formules de logement, telles que le logement social participatif et la location-vente, destinées aux couches sociales à moyens revenus. La formule location-vente — formule qui a trouvé son adéquation avec une demande solvable — avait connu un immense succès de par l’engouement qu’elle a suscité. Dans le cadre de cette formule, deux programmes de 20 000 logements en 2001 et de 35 000 autres en 2002, financés sur les fonds du Trésor public, ont été lancés. Cependant, elle s’est essoufflée faute de management public. Ce programme, dont la livraison a glissé sur plusieurs années, a “glissé” aussi pour être confié à la Cnep. Cette banque s’est engagée à financer un programme de 65 000 logements, qui “démarre difficilement”. En dépit de l’immense espoir qu’elle a suscité chez les cadres, la formule location-vente a perdu de “son éclat” au profit d’un autre programme, privilégié par le gouvernement : le logement social participatif. Cette orientation préfigure du désengagement de l’État du financement du logement. Le bénéficiaire du logement participatif reçoit une aide financière non remboursable de l’État, mais il doit contribuer par un apport personnel, pour financer son logement et faire appel à un crédit auprès d’une banque. Le LSP est l’une des formules sur laquelle est fondée la nouvelle politique du gouvernement en matière d’habitat. Plus de 215 000 unités sont inscrites dans le programme quinquennal de construction de un million de logements. À la différence des programmes de construction passés que le Trésor public finançait directement, ceux du programme de soutien à la croissance économique seront financés par les banques, à l’exception des logements ruraux qui continueront à être à la charge de l’État. L’entrée en lice des banques sous-entend que les futurs acquéreurs devront mettre la main à la poche pour aider au financement de leur logement, l’État n’intervenant que pour les “solvabiliser” au moyen d’aides frontales que leur accordera la Caisse nationale du logement.Meziane rabhi

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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