En grève de la faim depuis une semaine, Détérioration de l’état de santé des avocats d’Oran

Liberte; le Jeudi 21 Mai 2015
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L’état de santé des avocats du barreau d’Oran, en grève de la faim depuis une semaine, se détériore. Rejoints dans leur action par un de leurs confrères de Sidi Bel-Abbès, ils ne voient toujours pas de solution aux problèmes qu’ils ont posés. Aucune décision n’est venue soulager leurs souffrances. Atteinte d’une maladie chronique, Me Souad Saâdoune a été transférée en urgence, avant-hier, à l’hôpital Mustapha-Pacha.
Très affaiblie, elle lutte contre une déstabilisation chronique de sa glycémie. “Je vais poursuivre mon combat quels que soient les résultats”, a-t-elle dit. Convaincus de la justesse de leur cause, à savoir la dénonciation des abus du pouvoir du bâtonnier El-Haouari, de détournements et de viol récurrent de la loi, ces avocats ont décidé de poursuivre leur action, en dépit, ont-ils regretté, “de l’absence de soutien de la corporation”. “J’ai honte d’appartenir à cette frange”, a lâché, amèrement, un gréviste. Hier, un point de presse a été animé au siège du MDS à Alger, où les avocats observent leur grève de la faim. En compagnie de Me Debbouz de la Laddh, ils ont exprimé leur refus “de quitter Oran”. Des pressions, semble-t-il, sont exercées sur eux pour accepter “l’exil” professionnel proposé par le bâtonnier mis en cause. Me Benaïssa Abdelhak, du barreau de Sidi Bel-Abbès, a rejoint les grévistes de la faim. Il a raconté qu’il connaît “assez bien” le dossier des avocats d’Oran. Pour lui, “le malaise est général” et “les bâtonniers ont le même comportement partout”. Il a précisé que les démêlés avec le bâtonnier de Sidi Bel-Abbès ont commencé le jour où il avait dénoncé “une élection truquée des membres du Conseil de l’Ordre”. Il a introduit un recours auprès du Conseil d’État pour annuler cette élection. C’est depuis qu’il est dans la ligne de mire de son responsable au sein du barreau où il exerce. Me Saker a expliqué que les abus de pouvoir et le harcèlement datent de 2005. De ce fait, “il est inacceptable de laisser les choses en l’état”. Me Debbouz a expliqué, quant à lui, que la situation des avocats d’Oran et leur décision de recourir à la grève de la faim est en soi “une révélation d’une situation catastrophique”. Il a dénoncé, au passage, le projet de loi portant règlement intérieur de la profession d’avocat. Rappelant que les avocats sont d’abord des militants pour l’indépendance de la justice,
Me Debbouz a souligné que le projet en question “est une violation de la Constitution et des conventions ratifiées par l’Algérie”. Le projet, a-t-il encore affirmé, “est une consécration des atteintes aux droits des avocats, de la défense et du principe de l’indépendance de la justice”. Il a exprimé son refus du projet, annonçant qu’“aucun avocat n’a été associé à son élaboration”. Interrogé sur la saisine des institutions internationales, Me Debbouz a indiqué que les dossiers sont en phase de finalisation.
La Cidaw, Transparency International, le Haut-Commissariat des droits de l’Homme, le rapporteur spécial de l’ONU pour la liberté des juges et des avocats, seront, entre autres, saisis incessamment. À préciser que Me Naït Salah est à Oran où un procès l’oppose au bâtonnier.

M. M.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Mohamed Mouloudj

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