Grippe aviaire, Les régions en état d’alerte

Liberte; le Dimanche 12 Mars 2006
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Si l’alerte est à son paroxysme dans certaines wilayas du pays, dans d’autres régions, l’heure n’est point à l’inquiétude, pourtant des mesures de prévention sont programmées. Les dernières en date ont été prises à Boumerdès.Il s’agit principalement du confinement des volailles ou de leur abattage en passant par l’interdiction des ventes anarchiques de poulets et la fermeture des poulaillers non agréés. Les présidents d’APC ont été également invités à recenser tous les élevages avicoles, qu’ils soient professionnels ou domestiques, et de procéder à la fermeture immédiate de tout abattoir clandestin.Tous les services sont impliqués dans ce dispositif qui vient de passer de la phase veille à la phase alerte, notamment les services agricoles et sanitaires. Par ailleurs, l’on apprend que plus de huit plans d’eau recensés sur le territoire de la wilaya sont sous haute surveillance. Il s’agit des barrages de Keddara, Béni Amrane, Hamiz, les oueds Issers et Sebaou ainsi que des points d’eau situés à Naciria et Ouled Amara.Huit équipes permanentes, dont six vétérinaires, se déplacent régulièrement sur ces lieux pour surveiller notamment les oiseaux migrateurs, alors que pas moins de 60 volailles retrouvées mortes, ces dernières semaines, ont subi des prélèvements avant d’être envoyées au laboratoire de Draâ Ben Khedda de Tizi Ouzou pour analyse.  Beaucoup moins paniqués, les responsables locaux et des scientifiques de Tizi Ouzou se veulent rassurants. Un scientifique et responsable à la Direction du commerce va jusqu’à affirmer que cette maladie “ne touchera pas l’Algérie”. Mais la prévention est de mise. Les comités installés pour parer à toute éventualité sont à pied d’œuvre depuis le mois de février. Les équipements devant servir à la récupération d’oiseaux morts ont été fournis par la wilaya, et les mesures d’urgence à prendre en cas d’alerte sont déjà connues. Il s’agit du confinement obligatoire des volailles, de l’interdiction de la vente de volailles, du regroupement des volailles dans un seul local fermé, du recensement par les APC de tous les élevages avicoles… Pratiquement la même situation prévaut à Béjaïa. Un comité de prévention est mis sur pied, mais l’heure n’est pas à la grande panique d’autant qu’aucun cas n’y a été signalé. Ainsi, après une courte période de bradage du poulet, les prix flambent (240 DA le kilo) de nouveau en raison, notamment, de la diminution de l’offre. Les aviculteurs de la région ont, au lendemain des premières mises en garde, procédé au bradage de leurs poulets avant d’investir dans d’autres créneaux moins menacés. Selon le responsable de direction des services agricoles, l’État procédera à l’indemnisation des aviculteurs exerçant dans la légalité.   À l’ouest du pays, où d’incessantes alertes ont été données ces dernières semaines suite à des décès suspects, la psychose n’a manifestement pas pris le dessus à Béchar, Sidi Bel-Abbès et Oran, mais la peur s’est installée à Aïn Témouchent, Mascara et Chlef. Le décès de trois membres d’une famille à Chlef a ravivé les craintes dans la région. Plusieurs habitants lient cette mort subite à la grippe aviaire, alors que les victimes n’avaient aucun élevage, et les aviculteurs rassurent sur l’état de santé de leurs volailles. À Mascara, les campagnes de sensibilisation se succèdent, et des cellules de crise ont été installées. Les contrôles au niveau des abattoirs ont été renforcés et les ménages boudent toujours la viande blanche. Paradoxalement, à Aïn Témouchent où le comité de veille est sur le pied de guerre, le poulet est boudé non pas par crainte de grippe aviaire, mais en raison du prix qui reste élevé. Les premières alertes ont fait chuter le prix et le produit a été vite écoulé.       Enfin, la menace de la grippe aviaire ne semble pas inquiéter outre mesure la région est du pays. L’assurance est telle que la direction de l’agriculture de Constantine est aux abonnés absents depuis mercredi dernier et n’assure même pas les permanences de jeudi. Nos tentatives de les joindre sont restées vaines. Quant à Annaba, le prix du poulet a connu une hausse, et des mesures de prévention telles que le confinement et le contrôle sont prises.Malika Ben/Correspondants

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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