HACÈNE BENZERARI, COMÉDIEN, À LIBERTÉ , “Ce sont les activités qui manquent”

Liberte; le Mardi 10 Avril 2012
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Il revient dans cet entretien sur son absence du devant de la scène, ainsi que sur la situation de la culture en Algérie.Liberté : Dans quel cadre s’inscrit votre présence à Batna ?Hacène Benzerari : Ma présence à Batna s’inscrit dans le cadre du projet de création de l’Observatoire national de l’artiste algérien de l’Académie de la société civile algérienne (Asca). Nous sommes ici pour installer la commission qui se chargera de la création de l’Observatoire des artistes de la wilaya de Batna. L’Observatoire de l’artiste algérien sera représenté à travers toutes les wilayas d’Algérie. Il aura pour acte de défendre, d’une manière générale, l’artiste et ses intérêts et de transmettre ses préoccupations et doléances aux hautes instances et responsables de la culture.Votre activité professionnelle, autrefois si diversifiée, semble se ralentir. Est-ce par manque d’énergie ?Non, Dieu merci ! Je jouis de toutes mes forces physiques et intellectuelles pour produire. La difficulté à laquelle je me heurte, c’est le manque d’activités. Eh oui, ce sont les activités qui manquent, et ce n’est pas par manque de volonté comme le croient certains. La décision ne m’appartient pas, elle appartient à d’autres qui, parfois, malheureusement, n’ont rien à voir avec la culture. Il y a maintenant des problèmes au sein de la télévision, au sein des théâtres, au niveau des institutions culturelles. Nous sommes des comédiens qui cherchons des espaces pour créer. En ce qui me concerne, je suis prêt pour toute proposition de travailler. Je suis prêt parce que c’est mon métier. Je m’intéresse à toutes les propositions à condition qu’elles me conviennent sur le plan éthique, de crédibilité et de respect du public.J’espère, par ailleurs, que le champ audiovisuel s’ouvrira, comme cela nous a été promis par le président de la République. Je souhaite que le nombre des chaînes se multiplie pour créer des postes de travail pour les jeunes. Il faut penser aussi à la relève.Que pensez-vous du fonctionnement du secteur culturel ?Pour ne pas être pessimiste, je dirais que la culture en Algérie est dans un stade stationnaire.Malheureusement, elle n’évolue pas, faute d’idées nouvelles, de blocage et d’absence d’initiatives et d’encouragement aux artistes.Les choses doivent évoluer par un ensemble de propositions innovantes, qui permettent de saisir l’opportunité d’une dynamique artistique nouvelle.Il y a des gens qui œuvrent pour le bien de la culture. Il faut les encourager, les épauler et les appuyer. La culture n’est pas seulement une affaire de personnes, mais aussi d’institutions et de décisions politiques.
B. B.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Rédaction nationale

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