HASNA EL-BECHARIA L’A AFFIRMÉ, EN MARGE DE LA SEMAINE DE L’ALGÉRIE SUR NESSMA TV, “Je compte ester en justice Fella Ababsa”

Liberte; le Samedi 21 Avril 2012
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L’artiste, qui s’illustre dans le genre gnaoui (ou diwane), revient, dans cet entretien, sur le piratage de ses chansons et la difficulté de percevoir ses droits en Algérie.Liberté : Hasna El-Becharia est un nom bien connu dans le monde artistique, notamment dans la musique diwane, pourtant sur le marché, on trouve peu de vos albums. Comment pouvez-vous expliquer cette situation ? HASNA EL-BECHARIA : En effet, je n’ai que deux albums et c’était une mauvaise expérience pour moi. Avant, je me produisais seulement dans les fêtes, mais à partir de 2001, j’ai produit mon premier album en France avec la maison d’éditions Label Bleu et Mondomix. Mais en quoi la production de ces deux albums était une mauvaise expérience ?À cause du piratage. À la FNAC, en France, mon premier album s’intitulait Djazaïr Djouhara, avait fait un tabac mais en Algérie il a été piraté par l’édition Sun House Djilali. On m’a conseillé de prendre un avocat et intenter une action en justice mais je n’avais pas les moyens financiers pour le faire. Et qui a donc repris votre titre “Djazaïr Djouhara” ? ll C’est Fella Ababsa qui ne m’a même pas consulté. Elle a repris intégralement les paroles et la musique de Djazaïr Djouhara, il y a de cela deux ou trois ans. Avez-vous déjà pris contact avec Fella Ababsa pour vous expliquer sur cette affaire ?Je n’ai eu aucun contact avec elle. Si j’avais ses coordonnées, je l’aurais appelée. Mais, maintenant je compte l’ester en justice ainsi Sun House Éditions qui a repris mon premier album et l’a revendu sans timbre. Pourquoi avez-vous attendu jusqu’à maintenant pour le faire ? Parce que je n’ai pas les moyens. C’est moi qui fais vivre ma famille. Je fais vivre dix personnes et je n’ai même pas de logement. C’est toujours le provisoire qui dure. J’ai demandé un logement en 2009 mais on m’avait demandé de payer 20 millions. En 2011, j’ai renouvelé ma demande. En vain. Ceci pour vous expliquer que j’avais d’autres préoccupations plus prioritaires. Et votre deuxième album a-t-il été piraté également ? Je l’avais préparé avec une manager italienne, Silvia, et son titre c’est “Smaa smaa rah kayen ou ma tsmâa” (écoute, écoute, y a de quoi écouter). Il est édité en France. En Algérie, j’ai signé un contrat avec l’édition Izem à Tizi Ouzou mais je ne sais même plus ce qu’il est advenu de mon album. L’éditeur me dit qu’il a été édité mais sur le marché, il n’y est pas. Je prépare aussi mon troisième album dont le titre sera “Zine Nhar lyoum li hedhrou fih l’waldin” (belle est la journée d’aujourd’hui par la présence des parents), mais j’espère que cette fois-ci, on va me laisser tranquille. D’ailleurs, il sera édité en France où le piratage est interdit. Vous qui êtes souvent présente dans les festivals, sur les écrans de télévision et sur les ondes de la radio, percez-vous vos droits normalement ? En ce qui concerne l’ONDA, je n’ai jamais touché un centime. En 2007, j’ai participé au Festival national de la musique Diwane à Béchar, mais à la fin, je n’ai reçu que quelques miettes. S’agissant de la télévision et la radio, je n’ai touché aucun centime depuis 2009. Je me demande pourquoi en France je suis mieux respectée que dans mon pays ! Souvent je pense arrêter de me produire en Algérie.
S. L.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Rédaction nationale

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