HOMMAGE à JEAN EL-MOUHOUB AMROUCHE, Vernissage de la statue à Ighil Ali

Liberte; le Jeudi 19 Avril 2012
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Fallait-il que ce soit une association culturelle qui rétablisse la grandeur d’un homme de la trempe de Jean El-Mouhoub Amrouche, cet intellectuel qui a été – comme l’a témoigné Réda Malek encore une fois lors de sa dernière conférence sur les accords d’évian – chargé spécialement par Abane Ramdane pour enclencher des contacts avec le gouvernement français dès 1956 pour trouver une issue à la guerre ? C’est à l’état algérien qu’était dévolue une telle initiative mais ce ratage est assez significatif et nous informe assez clairement que la marginalisation de l’intellectuel dans notre pays demeure encore hélas d’actualité. Bien plus, l’association culturelle d’Ighil Ali a subi de nombreuses pressions des autorités locales au niveau de wilaya et de quelques anciens moudjahidine pour la persuader de renoncer au projet. Mais c’était compter sans la ferme détermination de ces animateurs appuyée par un soutien indéfectible des citoyens de la région, de l’efficacité de l’avocat qui a accompagné et assisté l’association dans toutes les démarches juridiques et surtout de la compréhension du maire. La statue de Jean Amrouche a été réalisée bénévolement par le très jeune Radjouh Slimane, la vingtaine à peine et qui a passé des nuits entières au siège de l’association pour parfaire son œuvre. Le portrait de Jean a été restitué dans ses moindres détails. Outre la liesse qui s’est emparée de la foule au moment où a été dévoilé le chef-d’œuvre, alors enveloppé de l’emblème national, par les mains frêles de deux jeunes filles du village, on croyait Jean en mouvement portant un livre et jetant un regard au loin comme pour suggérer l’orientation sur l’avenir. C’est dire que rien n’a été négligé comme allusif dans l’étude et la conception de la statue. Auparavant nous avons assisté à un moment particulier et chargé d’émotion lorsque apparaît, à pas pesants, l’ancien maître d’école Yahya Mesbah, qui a été, faut-il le rappeler, à l’origine de la “baptisation” de l’école d’Ighil Ali du nom de Jean Amrouche en 1962 en présence de Krim Belkacem en personne. Dda Yahya les yeux larmoyants a tenu à assister à l’événement malgré son âge avancé et une perte totale de l’acuité visuelle. Il faut également signaler la présence remarquée de la délégation de la fondation Slimane Amirat conduite par la moudjahida Madame Amirat elle-même qui a remis symboliquement à l’association culturelle une dédicace sous forme de médaille en hommage et en reconnaissance au passé patriotique et à l’œuvre intellectuelle de Jean El Mouhoub Amrouche. Désormais du haut de sa statue Jean Amrouche veille sur Ighil Ali sur la place des martyrs aux côtés de ses frères de combat.
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Categorie(s): culture

Auteur(s): Rédaction nationale

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