Il a rencontré mezrag, benaïcha et layada, Les conclaves de Ali Benhadj

Liberte; le Jeudi 16 Mars 2006
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L’ex-numéro deux du parti dissous multiplie, ces derniers jours, les rencontres avec les élargis, et veut profiter de leur médiatisation dans le cadre d’une stratégie calculée visant son retour sur la scène politique.Ali Benhadj a encore fait des siennes : hier après-midi, il s’est rendu à la maison de la  presse Tahar-Djaout, accompagné de son frère Omar et de son fils. Soi-disant pour remettre un droit de réponse à notre confrère El Watan, considérant qu’il a été “diffamé” dans un article dont l’auteur le tient pour responsable de la mort de 150 000 algériens.Le droit de réponse aurait pu être remis à la rédaction d’El Watan discrètement. Mais il ne s’agit que d’un prétexte pour Benhadj afin de faire parler de lui.Objectif atteint de ce point de vue, puisqu’il a suscité la curiosité des journalistes et des badauds. Cette intrusion, hier, à la maison de la presse, assortie de menaces dans le cas où son droit de réponse ne sortirait pas, n’est en vérité qu’un autre épisode dans ce qui s’apparente véritablement à une démarche réfléchie visant sa réintroduction sur la scène politique.Depuis sa sortie de prison, benhadj fait des obligations auxquelles il doit s’astreindre, en renouant des contacts avec les anciens du FIS.Nous savons en effet, de sources bien informées, que l’ex-numéro 2 du FIS tient régulièrement des conclaves, d’une durée de six à sept heures tous les jours que Dieu fait. Lieu : l’appartement de son frère Omar, se trouvant à El-Makkaria, ex-Leveilley. Parmi ces tout derniers invités de marque, deux émirs de l’AIS Madani Mezrag et Benaïcha. Il a rencontré Layada tout juste après sa sortie de Serkadji.Les conclaves, précise notre source, se déroulent toujours en présence de Kamal Guemazi, Ali Djeddi et Omar Chikh, tous membres de la direction du parti dissous. Outre ces rencontres “au sommet”, la Savonarole de Bab El-Oued ouvre sa porte aux repentis du GIA et du GSPC qui viennent des quatre coins du pays pour des conseils et des orientations sur la conduite à tenir.Plus que jamais fidèle à son  obstination, Benhadj a d’ailleurs annoncé la couleur, après sa dernière libération. Il est d’accord pour la réconciliation, mais pas n’importe laquelle. “Il ne peut y avoir de réconciliation nationale imposée par une seule partie, le pouvoir, au détriment des autres parties qui n'ont pas eu droit à la  parole”, a-t-il précisé dans une déclaration à l’AFP. Benhadj, qui sortait de la mosquée de Haï El-Badr, a ajouté que “pour qu'il y ait réconciliation, il faut d'abord qu'il y ait la vérité sur tout ce qui s'est passé”.La charte, à la faveur de laquelle il a retrouvé la liberté de mouvement, il ne la trouve pas tout à fait à sa convenance. “Il y a eu des décisions, des dispositions, sans plus, mais ce n'est pas suffisant. Il faut tout mettre à plat, se dire tout entre hommes. À ce moment-là, on pourra parler de réconciliation”, a-t-il martelé. Autant d’actions qui sont autant de provocations pour les autorités dont la responsabilité est de rappeler Benhadj à l’ordre.Le président de la République, dans son dernier discours, du 8 mars, a été clair en indiquant que l’État opposera la force de sa violence à ceux dont la démarche serait en porte-à-faux avec la réconciliation nationale. Ali Benhadj en est un.N. S.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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