Il n’y a plus de ministres d’État dans l’exécutif, Nivellement par le bas pour l’équipe Sellal

Liberte; le Dimanche 17 Mai 2015
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Pour la première fois depuis son arrivée à la tête du gouvernement algérien, le 3 septembre 2012, en remplacement d’Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal dispose d’une équipe gouvernementale où aucune tête ne dépasse. Et pour cause.
L’Exécutif ne compte plus en son sein ceux qui, à tort ou à raison, étaient considérés comme de super-ministres, en l’occurrence ceux qui étaient flanqués par Bouteflika du statut de ministre d’État.
Le dernier des Mohicans, pourrait-on dire, vient de rendre les armes. La nomination, en effet, de Tayeb Belaïz, ministre d’état, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, à la présidence de la République comme conseiller, a sonné le glas de cette catégorie de hauts fonctionnaires de l’État qui, forte de l’appui supposé ou avéré du chef de l’État, mettait à chaque fois en péril la cohésion du gouvernement.
Ce titre offrait, en effet, une certaine prééminence protocolaire de son titulaire au sein du gouvernement et Abdelmalek Sellal a eu à le vérifier à ses dépens et s’en est plaint à plusieurs reprises à son entourage du comportement de ces super-ministres qui considéraient qu’ils n’avaient de compte à rendre qu’au président de la République qui les a nommés.
Avec le départ de Tayeb Belaïz du gouvernement, M. Sellal dispose, ainsi, d’une équipe “nivelée par le bas”, visiblement de sorte à lui faciliter la tâche dans la conduite de l’Exécutif gouvernemental.
Plus aucune tête ne dépasse, donc, comme ce fut le cas avec les différentes personnalités qui ont eu le privilège de bénéficier des grâces du chef de l’État qui les avait pourvus d’un statut dépassant celui du ministre, pendant que le chef du gouvernement a été réduit pour n’être qu’un Premier ministre.
Une situation qui a lourdement impacté le travail de l’Exécutif et gêné la conduite des affaires gouvernementale depuis pratiquement le gouvernement dirigé par Ahmed Benbitour du 23 décembre 1999 au 26 août 2000, et dans lequel Ahmed Ouyahia occupait déjà le poste de ministre d’État, ministre de la Justice. La désignation de Tayeb Belaïz à la présidence de la République permet, donc au Premier ministre Abdelmalek Sellal d’avoir d’une certaine manière les coudées franches sur tout le gouvernement.
La question reste posée sur les motivations de la disparition de ce titre dans le nouveau gouvernement Sellal. Certaines indiscrétions n’hésitent pas à voir un lien entre l’agacement affiché, à plusieurs reprises, par le Premier ministre quant au comportement quelque peu amène de ces super-ministres et l’opération d’assainissement qui vient d’être opérée à ce sujet. Sellal a, visiblement, fini par avoir gain de cause.

H. Saïdani

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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