INAUGURATION ÉCLAIR DE L’ANNÉE UNIVERSITAIRE À LAGHOUAT, Le discours que Bouteflika n’a pas prononcé

Liberte; le Jeudi 15 Decembre 2011
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Le président Bouteflika innove, à partir de Laghouat, où il a prononcé un bref discours de circonstance, à l’occasion de l’ouverture de l’année universitaire.En effet, le discours écrit, remis à la presse, diffère grandement de celui prononcé à la salle de conférences de l’université Amar-Thlidji. Le discours oral parle de l’université et des décisions prises à cette occasion, à savoir le passage de huit centres universitaires au rang d’université et l’injonction faite aux ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur en vue de réaliser des CHU dans les villes du Sud qui disposent de moyens.Mais le discours écrit, lui, parle notamment des réformes politiques engagées par le président Bouteflika dans une conjoncture régionale particulière. En fait, le discours prononcé à l’université a été amputé de sa partie essentielle qui touche les réformes politiques.Toujours est-il que le chef de l’État est revenu sur les bouleversements que connaît le monde. “La nation arabe et musulmane vit une dure convulsion et l’Algérie, en tant que partie de ce vaste monde, est naturellement affectée comme elle affecte ce qui se passe autour d’elle comme évènements et développements”. À la lumière de ces développements, poursuit le président Bouteflika, “l’Algérie à su offrir un climat pour les réformes politiques, économiques et sociales en adéquation avec les aspirations du peuple et ses espoirs en une réforme continue, à travers un dialogue constructif et une large consultation des acteurs politiques et de la société civile, au sein de l’État de la justice et du droit”.Concernant les réformes engagées par ses soins, le chef de l’État dira qu’en élargissant le dialogue sur son initiative de réformes “nous aspirons à introduire des réformes sur l’arsenal législatif régissant la vie politique, en vue d’opérer un nouveau saut qui consiste à enraciner le processus démocratique, appuyer l’équilibre entre les pouvoirs, donner plus d’efficacité à l’activité associative, élargir la participation des citoyens dans l’action politique, avec la promotion du rôle de la femme et des jeunes”.Pour le président Bouteflika, les décisions prises récemment “ne constituent qu’une preuve de notre détermination à réaliser les aspirations et les espoirs du peuple”.Le chef de l’État se montre confiant “Dieu merci. L’Algérie se porte bien et s’attelle à édifier une société basée sur la liberté, la justice et la solidarité, dans un climat de paix et de concorde, après avoir dépassé le drame qui avait touché sa stabilité et sa capacité de relance et de développement”. Si l’on comprend bien, il n’y a donc pas lieu de s’attendre à davantage de réformes, encore moins de craintes au sujet du devenir du pays puisque le chef de l’État assure que tout va bien et qu’il n’y aurait aucune raison, selon lui, de s’inquiéter.Ceci étant, le président de la République renoue avec les visites de terrain, à l’occasion de l’ouverture de l’année universitaire à partir de Laghouat. Un bain de foule de cinq minutes, comme il aime bien. Quelques inaugurations et un discours de circonstance de quatre minutes. Le chef de l’État est apparu en forme, souriant et détendu.Après l’immanquable bain de foule, le chef de l’État a procédé à l’inauguration de nouvelles structures à l’université Amar-Thlidji, de Laghouat, décoré des enseignants-chercheurs ainsi que l’équipe féminine de football de Béjaïa qui avait remporté la Coupe du monde universitaire.Il a, également, procédé à la pose de la première pierre d’un centre anticancer d’un hôpital de 240 lits et d’un centre d’imagerie. Mais l’essentiel de la visite a été consacrée à l’université. L’ouverture officielle de l’année universitaire intervient quelques jours seulement avant les vacances, mais cela n’a pas empêché le ministre du secteur de se féliciter des évolutions enregistrées lors de cette rentrée. Ignorant superbement les expressions de mécontentement émises par les organisations estudiantines notamment ces derniers temps, Rachid Harraoubia choisira le langage des chiffres pour étayer ses propos. Il dira que l’université a enregistré 127 000 nouvelles places pédagogiques, portant le nombre global des places à 1,4 million de places pédagogiques, pour un total d’étudiants estimé à 1,3 million. L’université a bénéficié également de 85 000 nouveaux lits, portant la capacité globale à 600 000 lits, ce qui fera dire au ministre de l’Enseignement supérieur, que dans certaines régions du pays, les capacités dépassent la demande et d’affirmer que toutes les wilayas du pays disposent de centres universitaires.A. B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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