INSTALLATION GRAPHIQUE DU PLASTICIEN AREZKI LARBI , Dans la vague des mots

Liberte; le Dimanche 11 Mars 2012
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“Pour être la vague, il nous faut être furtifs, insaisissables” ; “Nous choisirons une autre cible et, petit à petit, nous rangerons les bases”… Des bribes de phrases jetées çà et là, telles des vagues, sur du papier. Occupant incidemment l’espace qui leur a été octroyé, attirant le regard, suscitant la curiosité qui est vite assouvie. Jeudi dernier, le plasticien algérien Arezki Larbi a présenté sa nouvelle création artistique, à 18h, à l’Institut français d’Alger, avec le concours de la compagnie Gertrude II de Lyon. Une installation graphique intitulée “H’na l’moujat / Nous les vagues”, qui représente un travail à répétition sur du papier blanc, selon l’espace permis par la salle d’exposition de l’IF d’Alger. Le point de départ a été le texte “Nous les vagues” de la française Mariette Navarro. Le plasticien a laissé son âme d’artiste et créatrice errer au gré du flux et du reflux des vagues. Comme il l’a souligné, son ne travail ne représente aucunement une interprétation du texte, mais seulement une lecture graphique, dénuée de toute approche calligraphique, comme il a tenu à le préciser. Le regard se pose sur cette œuvre composée d’une soixantaine de feuilles de papier blanc. Un fond blanc où des mots en noir viennent s’incruster. Ils se superposent, s’enchevêtrent, s’entrelacent, qui à force de les fixer prennent une forme mousseuse, rappelant celle de l’écume. D’autres mots, souvent des phrases volantes s’ajoutent à ce décor. Des fois c’est en arabe, des fois en français, des fois en tifinagh, se croisent, se côtoient construisant une harmonie visuelle. Le texte de base est recopié, répété, voire recasé –un ordre cyclique– pour rester dans cette atmosphère de va-et-vient. Il se répète “comme se répètent le sac et le ressac de la mer.” Une mise en forme, un habillage d’une structure, d’une ossature pour raconter le “nous” dans sa diversité, sa pluralité qui reste sans conteste singulière, une, homogène. L’imaginaire prend le dessus. La réalité s’efface. Arezki Larbi transcende l’ordre établi. Son fil d’Ariane est le mouvement du texte, la sonorité des mots. Le déferlement de ces derniers sur les feuilles résonne comme un écho ; celui de l’artiste, de sa sensibilité… Autant de mots, de messages, de questionnement à interpréter, à décrypter… Alors que le public se laisse transporter par cette brèche dans le moi du plasticien, dont l’installation ressemble à un journal mural, l’auteure Mariette Navarro a charmé les présents par la lecture d’extraits de son texte. Une voix qui interpelle, donnant vie et une autre dimension à cette installation. Un travail de complémentarité. “H’na l’moujat/ Nous les vagues”, visible jusqu’au 29 mars 2012, raconte l’histoire d’un mouvement dans sa splendeur et sa décadence.
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Categorie(s): culture

Auteur(s): Rédaction nationale

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