L’administration lui a refusé l’organisation de deux rencontres , La Laddh dénonce les pratiques du système

Liberte; le Dimanche 11 Decembre 2011
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Contrariée par l’administration qui lui a refusé l’autorisation d’organiser deux rencontres, respectivement à Alger et à Boumerdès, programmées à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme qui coïncide avec le 10 décembre de chaque année, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (Laddh) de Mosfefa Bouchachi s’est retrouvée contrainte à célébrer cet événement symbolique dans la douleur. Le mal causé par cette énième interdiction est tellement ressenti que les membres de la Laddh ne peuvent plus contenir leur colère contre “le système antidémocratique qui poursuit ses exactions et se maintient en porte-à-faux avec l’État de droit”. “On n’est pas dans un État de droit. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à une situation dangereuse”, a dénoncé, lors d’un point de presse tenu hier au siège de la ligue, Mostefa Bouchachi, président de la Laddh, qui a fait état du refus “inopportun et inexpliqué” de l’administration à sa demande d’autorisation pour l’organisation de deux conférences-débats, l’une prévue à l’hôtel El-Biar d’Alger autour du thème “La justice et les droits de l’Homme”, et l’autre à la Maison des jeunes de Boumerdès sous l’intitulé “La citoyenneté et les droits de l’Homme”. Les deux rencontres, rappelle-t-il, sont programmées dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme. Si Me Bouchachi ne semble pas être surpris outre mesure de cette énième interdiction, lui, qui rappelle que “ce n’est pas la première fois qu’on se heurte à un tel refus de la part des services de la wilaya”, ne manque pas, cependant, de dresser un tableau noir de la situation des droits de l’Homme et des libertés individuelles et collectives en Algérie. Une situation qu’il impute au système actuel. Un système, dénonce-t-il, qui se maintient grâce à “une armée de mercenaires, un système qui instrumentalise la justice (…)”. Me Bouchachi est formel : “La justice est un instrument du système”. C’est avec ces termes que ce défenseur des droits de l’Homme a tenu de répliquer à l’occasion, aux propos tout récemment tenus par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Belaïz, lequel a “défié quiconque à apporter des preuves sur l’impartialité supposée des juges”. Dans sa réplique, Me Bouchachi dira : “Ce ne sont pas les mots qui donnent de la crédibilité à la justice, mais bien des faits.”  Poursuivant son réquisitoire envers le pouvoir, Me Bouchachi ne manque pas d’accabler les réformes engagées par le président de la République. Pour le président de la Laddh, “il n’y a pas de volonté de réformer, tous les projets de loi annoncés ne sont que de la poudre aux yeux”. Citant l’exemple de la loi sur les associations, Me Bouchachi juge qu’“à travers cette loi, l’État n’a fait que cadrer et légaliser ce qu’il a toujours pratiqué, mais en dehors de la loi”. L’occasion était offerte au président de la Laddh pour revenir, par ailleurs, sur plusieurs questions dont la corruption, les libertés bafouées et autres dysfonctionnements qui retardent toujours l’édification d’un État démocratique qui garantirait la dignité des citoyens.Farid Abdeladim

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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