Le chef de bureau de Reuters convoqué au ministère de la Communication, La guerre sémantique n'est pas à négliger

Liberte; le Jeudi 21 Mai 2015
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Le traitement des médias étrangers de la situation sécuritaire en Algérie revient au devant de la scène. Une dépêche de l’APS de mercredi soir mentionnait que « le chef de bureau de Reuters à Alger, a été convoqué hier mercredi par le ministère de la Communication ». Il est reproché au journaliste l’usage dans ses dépêches d'une terminologie "inappropriée" au sujet de l'opération menée à Bouira par des forces de l'ANP.  L’agence de presse britannique avait publié une dépêche, mardi soir, dans laquelle elle utilisait le terme de « militants » pour désigner les terroristes.  Une terminologie qui a été utilisée par plusieurs organes ayant repris Reuters. La version numérique du quotidien « Le Figaro » avait ainsi titré un article, en s’appuyant sur la dépêche de l’agence britannique, par « Algérie : 22 militants tués par l’armée ».  Le « correctif » du lendemain en changeant « militants » par « islamistes », était loin d'effacer la désapprobation totale des algériens contre le traitement de l’information sécuritaire.

Si le chef de bureau de Reuters a été convoqué c’est qu'il a été la « source » du quotidien français (l'article avec la mention "militants") n’était autre que Reuters.  LeFigaro.fr avait repris (en partie) la terminologie utilisée par l’agence britannique dans la dépêche visiblement sans réfléchir aux conséquences. 

Lire: Le Figaro se corrige 

Cette histoire est également l’occasion de remettre « un peu d’ordre » dans la presse algérienne. Cette dernière n’est pas exempte de tout reproche quand il s’agit du traitement des attentats terroristes à l’étranger. S’appuyant sur les dépêches des agences de presse internationales, et en appliquant  la politique du moindre effort, plusieurs médias algériens se contentent de reprendre la même terminologie. Ainsi quand les médias étrangers évoquent les exactions des terroristes de Daêch en Syrie, en Irak, et même en Europe,  ils utilisent le terme de « Djihadistes » (ou Jihadist en anglais). Une substitution terminologique à « terroristes » imposée par des médias de propagande. L’expression « Etat Islamique », pour désigner l’organisation terroriste, encore utilisée dans les articles, devrait être bannie.

Ce suivisme des médias algériens, même s’il est souvent effectué par « inattention », ou ignorance, a des conséquences, négatives évidement, considérables.  

Pour ceux qui ne le savent pas, ou ne veulent pas le savoir, la guerre sémantique est également une réalité, et elle ne date pas de maintenant.  Elle a été toujours utilisée dans les actions psychologiques menées dans les affrontements, visibles ou invisibles.  Et pour revenir au terme de « Djihadiste» utilisé à tout bout de champ, faut-il rappeler que dans l’Islam, le Djihad ne signifie pas "guerre sainte". Le terme est plus proche de « travail », maitrise de soi » ou encore « résistance ». Des concepts inconnus des terroristes.

Salim KOUDIL

@SalimKoudil

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Salim KOUDIL

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