Le chef de l’état-major de l’ANP, Gaïd Salah, en visite en Allemagne, El-Para, le Sahel et les Américains

Liberte; le Mardi 21 Mars 2006
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Le cas Amari Saïfi, auteur du rapt des touristes allemands en 2003 dans le désert algérien, ne devrait être qu’un des nombreux sujets abordés durant cette rencontre. Le chef de l’état-major de l’ANP, le général-major Ahmed Gaïd Salah, effectue, depuis hier, une visite officielle en Allemagne à l’invitation de son homologue de la République fédérale, le général d’armée Wolfgang Schneiderhan. Le communiqué du ministère de la Défense se contente de la diplomatique formule de l’examen des “questions d’intérêt commun” et du “renforcement des liens d’amitié et de coopération entre les armées des deux pays”, comme programme de cette visite qui, pourtant, intervient dans un contexte particulier.La Charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui se concrétise par l’étape de la libération des islamistes, vient comme premier sujet tant les deux pays, même opposés et ayant atteint à un moment les limites d’une friction, ont eu à subir en commun, mais différemment, le terrorisme incarné, surtout côté allemand, par Abderezak El-Para, Saïfi Amari, chef du GSPC pour la zone Sud, qui a enlevé en 2003 les 32 touristes européens.La libération du second groupe, après le paiement par l’Allemagne d’une rançon, a constitué le point de départ d’un litige remis au goût du jour, notamment par la presse dès les premières libérations de prisonniers islamistes en Algérie. La sentence viendra de Me Farouk Ksentini, président de la CNCPPDH et du mécanisme ad hoc qui a exclu, dimanche dernier, l’extradition d’El-Para, objet d’un mandat d’arrêt international lancé par l’Allemagne.  Cela ne devrait pas constituer l’essentiel de cette rencontre, une première d’un officier de ce rang en Allemagne, qui est également un pays membre de l’OTAN, et qui abrite le siège du commandement des forces américaines en Europe. Jusque-là, la coopération se fait dans le cadre, soit, de l’Otan à travers le dialogue méditerranéen, dont la concrétisation se fait sentir depuis le sommet d’Istanbul en Turquie, en 2004, à travers ses recommandations. L’affaire El-Para ne serait pour ainsi dire qu’une escale dans les discussions entre les deux officiers tant d’autres questions pourraient figurer dans leur agenda. En tant que membre du pacte Atlantique, l’Allemagne entend jouer un rôle plus accru, que ce soit au sein de l’Alliance où dans le dialogue méditerranéen.Sa présence est manifeste dans les régions en conflit à travers les forces internationales de maintien de la paix, d’interposition, que ce soit en Afghanistan ou au Kosovo. Pourtant, dans la rive sud de la Méditerranée, l’Allemagne n’est présente que lors des épisodes de manœuvres communes OTAN-ANP, devenues plus régulières et intensives ces dernières années. L’allié des États-Unis, dont la manifestation est discrète, ne peut ignorer l’importance du chantier de la lutte contre le terrorisme, contre Al-Qaïda, selon l’Administration Bush, initiée par les États-Unis et dont le terrain s’étend à l’Afrique, la bande du Sahel et à laquelle les pays limitrophes sont associés.Sur ce registre, le constat a été établi que l’Algérie se place en leader en la matière dans la région et est appelée, selon les vœux des responsables américains, civils et militaires qui ont eu à visiter l’Algérie, à jouer un rôle primordial.Les multiples déclarations américaines semblent avoir désormais montré le chemin à l’armée allemande pour s’ouvrir, notamment vers le continent africain, que ce soit à travers des coopérations bilatérales ou dans le cadre des regroupements et coalitions. L’insistance des responsables américains sur la formation des armées des pays de l’Initiative du plan Sahel et le lancement de programmes avec les armées locales s’inscrivent également dans la logique de sensibilisation des alliés à s’occuper de ce que les Américains appellent “les espaces vulnérables”. Il y a lieu de remarquer que même au plan financier, les États-Unis continuent à supporter les coûts de l’initiative dotée d’un budget de 600 millions de dollars. Et l’Allemagne, pays de grands touristes, devrait contribuer à la sécurisation de cette zone, destination prisée par ses ressortissants.  Au-delà de cet aspect, la puissance économique d’Europe devrait sortir de son repli à travers un changement dans sa vision par rapport au continent, particulièrement à l’Algérie, considérée, aujourd’hui, comme un important interlocuteur qui compte parmi les puissances mondiales.Cela est illustré par le ballet des responsables politiques et militaires qui se succèdent à Alger. Cela peut aller évidemment jusqu’au plan stratégique, puisque l’Allemagne, entre autres prétendants à un siège au Conseil de sécurité de l’ONU dont est prévu l’élargissement dans le cadre de la réforme de l’instance, est en quête de voix de soutien. Djilali Benyoub

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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