Le chef du gouvernement se positionne face au FLN-MSP, Quand Ouyahia évacue 2009…

Liberte; le Jeudi 23 Mars 2006
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“Je peux vous tranquilliser, l’équipe fait son travail (…) La frénésie autour du gouvernement n’est pas saine (…) L’Exécutif est décidé à mener à bout son programme, loin des batailles d’arrière-garde ou des manœuvres marginales.” Cette “sentence” du chef de l’Exécutif, Ahmed Ouyahia, avant-hier à Alger a incontestablement un mérite : le remaniement gouvernemental dont de nombreux organes se sont fait l’écho, il y a quelques semaines, et donné pour la fin du mois en cours n’aura pas lieu de sitôt.Du moins à brève échéance. Même si le patron de l’Exécutif prend la précaution de préciser qu’il s’adresse aux milieux d’affaires qui, dit-il, “ont une seule météo, celle de l’instabilité”, il n’en demeure pas moins que l’allusion, assez sibylline, cible également ses partenaires de la coalition. Le FLN, dont l’ambition de se réapproprier l’essentiel des leviers de la décision augmente au fur et à mesure qu’approche le rendez-vous de 2007 (élections législatives et locales), et à un degré moindre le MSP ont, en effet, souhaité une “nouvelle redistribution” des cartes au sein de l’Exécutif. Un “partage” jugé, du moins le suggèrent-ils, légitime au regard des “services rendus” à la patrie, entendre les orientations du régime autant politiques qu’économiques.Mais au-delà de cette “fin de non-recevoir” qui ne dit pas son nom, le message vaut aussi pour ce qu’il charrie comme “entente” entre la première institution du pays, en l’occurrence la présidence de la République, et le gouvernement. Si l’on ose entrevoir une insinuation sous-jacente de la sortie d’Ouyahia, le premier magistrat du pays serait content du travail accompli. “Je peux vous tranquilliser, l’équipe fait son travail”, a-t-il dit à l’adresse des médias.Dès lors, rien ne justifie le changement, semble-t-il signifier. Faut-il pour autant conclure que ce “compagnonnage” est inscrit dans la durée ? À vrai dire, le changement de l’Exécutif ne constitue pas, à proprement parler, un grand enjeu si tant est que les nominations n’obéissent pas forcément aux rapports de force en présence sur la scène politique. On le voit avec Ouyahia : il dirige un Exécutif alors que son parti n’est pas majoritaire au Parlement. Et la survie d’une équipe gouvernementale est liée parfois aux choix indiscutables du premier magistrat du pays. Hormis donc un prestige qu’il confère aux individus, peut-être aussi de “donner un coup de pouce”, le cas échéant, au camp dont il est en majorité issu, l’Exécutif, dans la conjoncture actuelle, reste un enjeu de moindre importance par rapport au changement de la Constitution revendiqué par certains partis. Le FLN et le MSP en font d’ailleurs l’une de leur principale revendication. Objectif de cette obsession ? Ouvrir la voie à un troisième mandat au président de la République en sa qualité de chef du parti, pour le premier, et accorder de larges prérogatives au Parlement et au pouvoir local, pour le second.À cette revendication, Ouyahia n’y va pas par quatre chemins : “La révision de la Constitution n’est pas à l’ordre du jour des institutions.” En décodé : même “les décideurs” n’y sont pas favorables.Du moins dans l’immédiat. Ce qui impliquerait, par ricochet, que le patron du RND pourrait être dans la course pour 2009, puisque l’actuelle loi fondamentale du pays limite à deux le nombre de mandats du Président. Et Ouyahia lui-même ne l’a pas tout à fait exclu puisque, en guise de réponse à l’interrogation, il a préféré l’esquive. “Je suis fier d’être au service de l’État, État qui m’a tout donné.” Conjuguée à la santé devenue “taboue” du Président, la réserve du chef de l’Exécutif paraît suffisamment “éloquente”. KARIM KEBIR

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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