Le DG de la sécurité sociale lors d’une journée-débat sur le système de santé, “Arrêtons les prescriptions coûteuses mais non nécessaires”

Liberte; le Jeudi 8 Decembre 2011
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Nombreux sont les praticiens qui prescrivent des médicaments “nouveaux ou à la mode” qui coûtent cher mais que la pathologie diagnostiquée ne nécessite pas forcément.    Le réseau des associations de malades chroniques a organisé, hier, une journée-débat sur le système de santé. Une fois de plus, la sonnette d’alarme est tirée. Son président, Boualegue Hamid, propose l’ouverture d’un débat national au Parlement, “Il faut que les différents intervenants se mettent autour d’une table pour débattre de ce dossier”, estime le président du réseau.Ce dernier met l’accent notamment sur deux dossiers considérés “tabous” par la tutelle à savoir la finalisation de la contractualisation et le transfert de malades à l’étranger.Des journées parlementaires permettront de lever le voile sur ces deux sujets. Le ministre de la Santé est épinglé par Boualegue sur ses propres déclarations. “Révéler que 3 200 appareils de pointe sont entreposés dans des conditions dramatiques et 5 700 autres appareils défectueux prouvent que le système se dégrade. Aussi, les transferts à l’étranger ont baissé certes mais ce n’est pas parce que la qualité de la prise en charge a évolué”. Question : “Où va l’argent du secteur de la santé ? Pas moins de 40 milliards de DA sont alloués par la Sécurité sociale aux hôpitaux mais sans résultat”. Selon le même orateur, la généralisation de la contractualisation “réglera les problèmes du secteur à 70%”. La contractualisation n’est, semble-t-il, pas chose aisée si l’on en croit les propos du DG de la Sécurité sociale. “La contractualisation ne peut se faire avant de s’assurer que la gratuité des soins sera assurée à tous les assurés sociaux”, révèle Djaoued Bourkaïb.Et de préciser que “l’État a privilégié la gratuité des soins”, beaucoup d’éléments tels les coûts ne sont pas encore prêts. Lors de son intervention, le DG de la Sécurité sociale s’est attardé sur le système et ses nouvelles réformes. Certaines ont été introduites et d’autres ont lieu. “L’avenir est pour le système du tiers payant”, dira le même responsable, abordant le volet du recouvrement des cotisations puisque certains employeurs ne paient pas leurs cotisations. Interpellé sur la prescription des médicaments génériques vu leur prix et non leur qualité, M. Bourkaïb soulignera que “le générique est le meilleur moyen pour soigner le plus de malades. Ce qu’il faut, c’est insister sur le contrôle du générique et non son efficacité car elle est prouvée”. Et de révéler : “Il y a dix ans, moi-même je ne prenais pas de génériques”.Selon lui, même les pays les plus développés ne peuvent pas soigner avec des princeps uniquement. Ce qui fera dire à l’orateur que certains praticiens recourent à des prescriptions coûteuses mais non nécessaires pour traiter la pathologie. “Arrêtons de prescrire un médicament parce qu’il est nouveau ou à la mode”, lance-t-il. Interpellé par une association de cancéreux sur la non-prescription de médicaments pour les malades en stade final, il dira que “scientifiquement, à ce stade, les soins palliatifs sont plus importants que les médicaments qui ont des effets secondaires”.      Transparence ou dissolution de la commission de transfert à l’étranger   Le recours abusif et inopportun à la commission des transferts à l’étranger a été dénoncé par Mohamed Boukhorz de la Fédération des insuffisants rénaux. “Pourquoi cette commission où siègent des professeurs n’a pas de droit de regard sur les dossiers de transfert ?”  Et d’ajouter : “Cette commission doit travailler dans la transparence ou doit être dissoute”. Intervenant, le professeur Graba dira que “le transfert a diminué. Et tout transfert doit être justifié”. Abondant dans le même sens, un membre de la commission notera que “le transfert est certes aberrant et injuste mais nous n’avons rien à cacher. 90% des transférés viennent de l’Algérie profonde. Ce qu’il faut, ce sont des assises nationales en présence de tous les concernés”.  MALIKA BEN

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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