Le fondateur de “Mains propres” à Oran se confie à Liberté, Le SOS de Mourad Belabed

Liberte; le Mardi 10 Mars 2015
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Cet homme brisé par le temps et ses ennemis, qui ne lui ont jamais pardonné d’avoir brisé l’omerta, est Mourad Belabed.

“La pire des humiliations pour un homme c’est d’avoir honte de regarder ses enfants en face”, l’aveu est terrible d’un homme qui n’ose plus croiser le regard de ses enfants, non pas qu’il s’est rendu coupable d’une quelconque ignominie, mais parce qu’il n’arrive plus à les vêtir et les nourrir décemment. Cet homme brisé par le temps, et ses ennemis, qui ne lui ont jamais pardonné d’avoir brisé l’omerta, est Mourad Belabed.
L’âme de l’organisation “Mains propres”, créée en 2002, et qui s’est fixé comme but de déclarer et de gagner la guerre contre ceux qu’on appelait, à l’époque, pompeusement les barons du foncier. “Mon seul tort est mon combat contre la dilapidation organisée du patrimoine foncier et immobilier de ma région”, expliquera-t-il.
Un combat qui a précipité sa déchéance, puisque après la parution de la liste nominative des 14 personnalités présumées impliquées dans le pillage du foncier à Oran, son domicile sera le théâtre d’une tentative d’incendie en novembre 2000. “Sur insistance de nombreux soutiens suite au procès intenté contre moi et deux journalistes de la Voix de l’Oranie, une assemblée générale constitutive autorisée par la wilaya a vu la création de l’organisation “Mains propres” pour lutter contre la corruption et toutes les formes de détournement”, se rappellera-t-il avant d’enchaîner sur son long combat judiciaire qui l’a mené à un acquittement prononcé par la Cour d’appel et la Cour suprême après neuf mois passés à la prison d’Oran. À sa libération, en février 2003, Mourad Belabed apprend à son corps défendant qu’on ne touche pas impunément à ces “puissants”.  “Ils ont utilisé tous les moyens pour détruire celui qui a osé défier le clan”, dira celui, qui, aujourd’hui, peine même à assurer le pain quotidien à sa famille. “Ce qui est criminel, c’est qu’à travers ma personne, mes enfants sont touchés”.  L’émotion est palpable dans la voix et une fatalité de plomb s’est abattue sur notre homme. “Mon silence observé toutes ces années ne visait qu’à me faire oublier, c’était sans compter sur la rancune tenace du clan”, ajoutera-t-il. Le Don Quichotte oranais qui a voulu partir en guerre contre les barons du foncier lance un SOS à qui de droit pour l’aider à s’en sortir dans la dignité et le respect, à lui et à son père tombé au champ d’honneur.

S. O.

Categorie(s): ouest

Auteur(s): Saïd Oussad

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