LE MINISTRE DE L’ÉNERGIE ET DES MINES L’A ANNONCÉ HIER À DOHA, “L’Algérie va revoir la loi sur les hydrocarbures”

Liberte; le Mercredi 7 Decembre 2011
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C’est devenu une fâcheuse habitude chez nos décideurs d’annoncer les décisions les plus importantes à partir de l’étranger.Le ministre de l’Énergie et des Mines ne déroge pas à cette règle en lançant un véritable pavé dans la mare depuis Doha : il compte revoir la loi sur les hydrocarbures “en introduisant de nouvelles incitations pour notamment relancer l’investissement étranger dans l’exploration”. Ce que son prédécesseur, Chakib Khelil, malgré tous les appuis dont il disposait, n’a pu réaliser, Youcef Yousfi, devrait l’entériner. Le verrou Cherouati ayant sauté, le ministre et le clan qui en est derrière peuvent aller de l’avant ! Pourtant, le ministre explique sa décision par le besoin d’attirer des partenaires solides et expérimentés en mesure d’aider l’Algérie à accroître ses réserves d’hydrocarbures. Selon le ministre, les nouvelles technologies introduites dans l'exploration ces dernières années permettent à l’Algérie d’entrevoir de nouvelles possibilités d’augmenter d’une manière très significative ses réserves d’hydrocarbures. Les résultats obtenus par Sonatrach, en appliquant ces technologies sur des surfaces réduites, “sont très satisfaisants et encourageants”, note à ce propos le ministre. Mais, l’Algérie a besoin de ces sociétés pour les appliquer à grande échelle afin d'intensifier la prospection même dans l’offshore et les zones peu connues, précise le ministre. Pour ce faire, “elle doit adapter un certain nombre de mesures incitatives de la loi 05-07 qui a été adoptée dans un environnement où ces technologies n’existaient pas et où les prix de pétrole évoluaient entre 20 et 30 dollars”, relève M. Yousfi.Concernant les aspects de la loi sur les hydrocarbures qui seront amendés pour inciter l’investissement étranger dans l’exploration, le ministre s’est limité à dire que la révision va concerner certaines mesures fiscales et aussi des dispositions contractuelles entre Sonatrach et ses partenaires. “Nous sommes en train d’étudier tous ces aspects”, a-t-il dit. “Nous devons nous adapter à la réalité internationale, nous avons des réserves d’hydrocarbures largement confortables, mais il faut assurer localement la sécurité de l’approvisionnement à très long terme et renforcer le rôle de l’Algérie comme acteur principal du commerce international de l’énergie”, a encore affirmé M. Yousfi. Depuis la promulgation de la loi 05-07 sur les hydrocarbures, amendée par ordonnance présidentielle en 2006, l’Algérie a lancé trois appels d’offres pour l’exploration des hydrocarbures.Le premier appel d’offres lancé en 2008 a débouché sur l’octroi de quatre blocs, le second organisé en 2009 s’est soldé par l’attribution de trois blocs et seulement deux blocs pour le dernier, lancé en 2011.Pour rappel, en 2006, une ordonnance est venue imposer une taxe de super profit aux compagnies pétrolières étrangères. L’ordonnance modifiant et complétant la loi 05-07 du 28 avril 2005 a introduit notamment un amendement prévoyant l’imposition d’“une taxe sur les profits” sur tous les contrats d’association (une trentaine) qui étaient négociés. Anadarko, notamment mais aussi toutes les autres compagnies étrangères comme BP, Total installées en Algérie sont touchées. Le problème n’était pas seulement d’ordre financier, mais c’est de changer la règle du jeu pour des contrats déjà signés.La mise en place de cette taxe et les amendements apportés à la loi sur les hydrocarbures on été suivis de rumeurs sur le retrait des compagnies pétrolières occidentales d’Algérie.Pour rappel, Chakib Khelil avait dû attendre plusieurs années et revoir plusieurs fois sa copie, avant que sa loi ne passe en 2005. Youcef Yousfi aura-t-il les coudées franches ? En attendant, l’ouverture d’un débat, en Algérie, sur la question, force est de constater que c’est l’instabilité du secteur le plus stratégique du pays qui en prend un autre coup, quelques semaines seulement après l’énigmatique limogeage de Noureddine Cherouati de la tête de Sonatrach.Par ailleurs, et au sujet de la mine d’or d’Amesmessa, Sonatrach va reprendre la totalité des actions de son partenaire australien GMA-ressources dans l’entreprise Enor, l’exploitant de la mine d’or de Tirek-Amesmessa de Tamanrasset, a déclaré hier le ministre de l’Énergie et des Mines. “La reprise des actions va s’effectuer une fois que les engagements contractuels ont été respectés”, a ajouté le ministre. La mi-octobre dernier, le groupe australien avait annoncé sa décision de se retirer de l’entreprise Enor, où il détenait 52% des actions. GMA avait alors révélé qu’il n’était pas en mesure de faire face aux coûts élevés du développement de la mine. “Des sociétés juniors, comme GMA, on n’en veut plus, il nous faut des sociétés qui ont l’expérience, les financements et les moyens techniques nécessaires. C’est un projet, situé dans des régions difficiles, et qui nécessite beaucoup d’investissements et d’expertise”, a noté M. Yousfi.  Azzeddine Bensouiah

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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