Le président de l’office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie à la chaîne II, “L’essentiel de la drogue nous vient du Maroc”

Liberte; le Mardi 28 Mars 2006
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Plus de 9 tonnes de drogue ont été saisies durant l’année 2005 par les différents services de sécurité. L’annonce a été faite, hier, par l’invité de l’émission “L’invité de la rédaction” de la radio Chaîne II, le président de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, M. Salah Abdennouri. En avouant qu’il ne sait pas s’il faut s’en réjouir ou s’alarmer, M. Abdenouri affirmera qu’il y a vraiment lieu de s’inquiéter, parce que la consommation de la drogue qui était limitée, il y a quelques années, à certains quartiers, quelques centres urbains, a atteint aujourd’hui les contrées les plus reculées du pays. Les consommateurs, ce sont les jeunes. “La plupart (85%) de ceux qui sont impliqués dans des affaires de trafic de drogue ont moins de 35 ans”, a indiqué l’invité de la Chaîne II qui affirme, toutefois, que “l’Algérie n’est pas un pays consommateur selon les critères de l’organisme de l’ONU, mais un pays de transit”. Quelles sont les sources de provenance de la drogue ? M. Salah Abdenouri ne mâche ses mots : “Nous avons la malchance d’avoir à nos frontières ouest le Maroc qui, d’après les informations fournies lors de la dernière rencontre du mécanisme onusien de lutte contre le trafic de drogue à Vienne, est le premier pays producteur de cannabis dans le monde avec 120 000 hectares de culture de cette drogue. Et à cette filière ouest vient s’ajouter, ces dernières années, la filière subsaharienne née avec l’immigration clandestine. C’est celle, dira l’invité de la Chaîne II, qui a introduit les drogues dures en Algérie, à savoir la cocaïne et l’héroïne.” “Les clandestins l’écoulent dans notre pays pour financer leur traversée de la Méditerranée”, expliquera M. Salah Abdenouri qui estime qu’il y a une réelle volonté politique de venir à bout du fléau. Beaucoup de travail est en train de se faire dans le domaine de la répression et de la prévention, affirmera-t-il avant de reconnaître que des insuffisances demeurent en matière de prise en charge de l’aspect traitement. La lutte contre le trafic de drogue, dont le chiffre d’affaires est de 500 milliards de dollars dans le monde (dix fois plus que le budget réservé pour le combattre), est une affaire de tous. Le danger sur la société est réel. La drogue est le deuxième facteur de transmission du sida. “Mais, je suis en position aujourd’hui de dire qu’il y a chez nous une prise de conscience d’abord de l’évolution de ce fléau, puis du danger qu’il représente pour la société”, affirmera encore M. Salah Abdenouri qui déclare être convaincu que l’État a mis tous les moyens pour l’endiguer. Saïd Rabia

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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