Le trafic de logements prend de l’ampleur à Alger, Plus de 500 plaintes déposées par les services de la wilaya

Liberte; le Lundi 18 Mai 2015
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Les fraudeurs, qui ont recouru au faux et usage de faux pour obtenir des logements sociaux, ont été débusqués au terme de longues investigations.

Les faux demandeurs, les indus attributaires de logements ou le commerce du gourbi qui a fait rage ces derniers temps, ont été largement abordés par le wali
d’Alger, Abdelkader Zoukh, lors d’une conférence de presse animée, hier, au siège de la wilaya à l’occasion du lancement d’une nouvelle opération de relogement.
Le chef de l’exécutif de la wilaya d’Alger n’a pas mâché ses mots, notamment lorsqu’il a soulevé, chiffres à l’appui, le dossier des fraudeurs qui ont été “débusqués” par ses services à l’issue de longues procédures d’investigations.
Ces cas de fraude ont été aggravés, dira-t-il, par l’utilisation de faux et usage de faux dans le but de s’attribuer un logement social que l’usurpateur ne mérite pas. Sachant que la tricherie est fortement réprimée par la loi, ces fraudeurs risquent évidemment gros.
D’ailleurs, la presse nationale a, à maintes reprises, fait écho des transactions et du trafic opéré autour de gourbis qui ont pris de l’ampleur dans différentes communes de la capitale. Pis encore, les spéculations et les enchères autour des taudis ont battu tous les records des bourses parallèles de l’habitat précaire. Par exemple, un simple gourbi est cédé sur un terrain, de surcroît propriété de l’État, à plus de deux cent mille dinars.
Il faut souligner que ce phénomène a pris particulièrement de l’ampleur depuis le lancement des opérations de recasement. Haussant le ton, M. Zoukh annoncera que ses services ont déposé au total 525 plaintes contre les faux demandeurs de toit. Dans la foulée, le conférencier indiquera que pas moins de 26 familles qui ont été déjà relogées lors des précédentes opérations ont été repérées et font actuellement l’objet de poursuites judiciaires. 15 autres familles ont été déjà expulsées et 11 autres sont en attente d’expulsion.

“Le dossier de Diar El-Baraka est définitivement clos”
Dans le même registre, le chef de l’exécutif rappellera que “le dossier de relogement de Diar El-Baraka de Baraki est définitivement clos”, notamment après que le verdict eut été prononcé contre les 53 cas qui ont été à l’origine de fausses déclarations. Ces derniers avaient défrayé, rappelons-le, la chronique locale. Les membres de l’APW ont insisté, pour leur part, lors de la dernière session en mars dernier sur les “oubliés” de l’opération de Diar El-Baraka qui avait eu lieu en décembre 2014. Parmi ces prétendus cas sociaux, figuraient 26 personnes qui ont été condamnées à deux mois de prison avec sursis et d’une amende 20 000 DA.
D’autres personnes, soit 24 familles de Diar El-Baraka, ont été condamnées également à 6 mois de prison ferme assortie d’une amende de 50 000 DA. C’est dire que les services de la wilaya n’ont ménagé aucun effort pour en finir définitivement avec le commerce et le trafic de logements.

2 300 familles relogées demain mardi
En outre, une nouvelle opération de relogement est programmée pour demain mardi à travers le territoire de la wilaya d’Alger. Elle ciblera pas moins de 2 300 familles, soit 13 800 personnes qui s’installeront dans de nouvelles cités dotées de toutes les commodités. Ces derniers occupaient jusque-là des logements indécents recensés à travers 52 sites classés précaires dans 34 communes. Abdelkader Zoukh expliquera, à cet effet, que l’opération qui interviendra demain est la 18e du genre, depuis le lancement des recasements par ses services en juin 2014. Jusque-là, pas moins de 20 373 familles ont bénéficié de logements neufs. À retenir que les nouveaux bénéficiaires seront installés dans des sites récemment réceptionnés à El-Hamiz (Dar El-Beïda), à Chabou (Bordj El-Bahri), à Bentalha (Baraki) et à Souidania et dans d’autres cités. La plupart de ces heureux attributaires étaient logés sur des terrasses d’immeubles, dans des bâtiments classés rouge qui risquaient de s’écrouler à tout moment ou encore dans des sites devant recevoir l’implantation de projets d’équipements publics. Le plus grand nombre de bénéficiaires de cette opération vient de la circonscription administrative de Sidi-M’hamed où l’on compte la majorité des immeubles menaçant ruine dans la capitale.
En effet, 600 familles des  communes de Mohamed-Belouizdad, d’El-Madania, de Sidi-M’hamed et d’Alger-Centre s’installeront
demain dans leurs nouvelles demeures dotées du confort requis. Au final, cette opération permettra de récupérer une superficie de l’ordre de 2,6 hectares qui servira d’assiette à de grands projets d’utilité publique. Pour cela, le wali a instruit ses services à l’effet de mobiliser de gros moyens matériels et d’importants effectifs devant assurer la réussite d’“une aussi importante opération de relogement”. Le conférencier affirmera, à ce titre, que pas moins de 800 agents des différents Epic auxquels s’ajouteront les cadres de la wilaya, des OPGI, des services de sécurité, des éléments de la
Protection civile, seront mobilisés pour la vingtième opération de recasement. En ce sens, il est prévu la réquisition de près de 4 000 camions et 100 bus pour le transport des bénéficiaires. S’agissant du dépôt des recours, le chef de l’exécutif a annoncé que la commission de wilaya en charge de ce dossier a reçu 5 272 requêtes. Celle-ci a examiné jusqu’au 12 du mois en cours, 5 162 dossiers de réclamation.
Ce qui laisse dire que 284 demandes ont abouti et 4 799 recours ont été rejetés, au motif que les documents fournis étaient infondés.
“L’expulsion relève de la justice”
Interrogé sur le dossier des logements de fonction du secteur de l’éducation, le wali rétorquera que ses services ont recensé pas moins de 2 400 logements dont les occupants sont partis à la retraite. “Il faut savoir que l’expulsion ne relève pas de l’autorité administrative, c’est une des compétences judiciaires”, a-t-il, tenu à préciser. Depuis le lancement de la procédure, la wilaya a récupéré au total 140 logements de fonction. Dans le même cadre, il rappellera que les pouvoirs publics prendront en charge les cas de retraités qui ne disposent d’aucun bien. Au sujet de la situation des maires qui font l’objet de poursuites judiciaires, le chef de l’exécutif de la wilaya d’Alger infirme, d’une manière catégorique, que ses services aient déposé une quelconque plainte contre ces élus. “Je démens catégoriquement cette information. Ce que je demande aux maires, c’est de se remettre seulement au travail.”
Au passage, il ne manquera pas de rappeler que ses services prendront en charge les doléances et les besoins des citoyens dont les communes sont bloquées en raison des conflits entre les élus des Assemblées
populaires. Avant de conclure,
Abdelkader Zoukh a rappelé que 7 000 autres familles seront relogées avant le début du Ramadhan, soit avant le 18 juin prochain. À signaler que la distribution des logements de type LSP (logement social participatif) sera incessamment entamée au niveau des communes concernées par le programme en question. Il est question, dira-t-il, de 2 000 unités LSP.
S’agissant du programme dans la formule LPL (logement public locatif), Abdelkader Zoukh a déclaré que pas moins de 300 logements LPL seront prochainement distribués. Les communes concernés sont Rouiba avec 150 unités, Ben Aknoun 75 et Raïs Hamidou 75.

H H.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hanafi Hattou

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