Les sites historiques font l’objet d’un pillage à grande échelle, 22 535 pièces archéologiques saisies en deux ans !

Liberte; le Lundi 18 Mai 2015
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La vente illégale des objets archéologiques (vente par Internet, contrebande et escroquerie) représente l’activité la plus importante des réseaux organisés dans ce trafic avec un taux qui dépasse 32%.

“Le patrimoine culturel algérien constitue un vivier très important de sites archéologiques, objets d’arts et monuments historiques qui requièrent, indépendamment de la recherche et de la restauration, une lutte contre les trafiquants qui ne cessent d’adopter de nouvelles techniques et nouveaux procédés dans un cadre structuré de criminalité organisée.” C’est le motif principal d’une étude analytique rendue publique par la Gendarmerie nationale qui fait état d’un trafic à grande échelle.
En effet, selon un document exhaustif, la détérioration, la destruction et le vol mais aussi la falsification des pièces archéologiques et leur vente sur Internet ont fait des ravages ces deux dernières années, avec
372 affaires traitées, 450 personnes arrêtées, 22 535 pièces archéologiques saisies, alors que l’on enregistre la découverte de 164 nouveaux sites archéologiques. Rien que durant l’année 2014, les unités de la GN ont élucidé 56 autres cas, avec en sus la saisie de 7 230 pièces archéologiques, dont 51 falsifiées.
La lecture des statistiques a permis de relever que la vente illégale des objets archéologiques (vente par Internet, contrebande et escroquerie) représente l’activité la plus importante des réseaux organisés dans ce trafic avec un taux qui dépasse 32% de l’ensemble de l’activité enregistrée. Les grandes affaires ont été traitées à l’est du pays où le nombre le plus élevé de constatations des infractions liées à l’atteinte aux biens culturels, avec 312 procès-verbaux, soit un taux de 69% du nombre global de l’ensemble des affaires traitées.
“De ce constat, on peut déduire que l’Est algérien enregistre une importante activité en matière d’atteinte aux biens culturels, qui peut être expliqué par la richesse patrimoniale et la présence des bandes organisées spécialisées dans cette criminalité. Les numismatiques (pièces de monnaies et médailles antiques) représentent les biens culturels les plus prisés par les trafiquants avec un taux de 93% des objets saisis, du fait de la facilité avec laquelle ils peuvent être transportés, dissimulés et écoulés sur le marché”, ajoute ladite étude.
Face à cette situation, et pour moderniser ses moyens de lutte, le commandement de la GN a entamé la numérisation des données et la création des banques de données spécifiques appliquées sur un système d’information géographique (SIG) dédié à la protection du patrimoine culturel de l’ensemble du territoire national, avec des couches d’informations géographiques relatives au patrimoine culturel (limites administratives, réseau routier, unités de la GN, directions de la culture, sites historiques, objets d’art récupérés, musées, etc.).
Autrement dit, l’Algérie peut, avec la collaboration des services d’Interpol, intercepter ces ventes illicites et les falsifications des pièces patrimoniales grâce à ce système qui numérise les pièces recensées par les cellules implantées, notamment à Oran, Ouargla, Constantine et Tamanrasset. Ici, des officiers spécialistes veillent, grâce aux nouvelles techniques d’investigation et autres procédures et processus criminalistiques, à déjouer le pillage du patrimoine.

F.B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid BELGACEM

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