Les surcoûts engendrés par les limites des ports algériens et la quasi-absence d’investissements pri, 100 millions de dollars en fumée chaque année

Liberte; le Dimanche 2 Avril 2006
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L’infrastructure portuaire nationale demeure peu compétitive. L’enlèvement des marchandises s’effectue plus rapidement au Maroc et en Tunisie.La chaîne du commerce extérieur continue de souffrir de multiples limites qui entraînent des délais très longs pour décharger, dédouaner et enlever la marchandise. “Il faut en moyenne 30 jours pour enlever les marchandises dans les ports algériens, 21 jours dans les ports secs, contre une semaine pour les ports tunisiens et 10 jours pour les ports marocains. Au port de Marseille, il faut seulement 24 heures”, confie une source sûre. Les lenteurs dans le traitement des marchandises sont dues à l’absence de documents.Les délais restent longs pour la remise de documents sans lesquels les opérations de dédouanement ne peuvent s’effectuer (facture, connaissement, domiciliation bancaire…). Une telle situation est un facteur important de surcoûts.“Les pertes dues aux contraintes portuaires telles que les surestaries sont estimées à 60 millions de dollars par an. La facture du fret représente 10% de la valeur des importations. Elle s’élève à 2 milliards de dollars. 3% de cette facture représente les surcoûts”, ajoute la même source.Une autre source cite un autre facteur de surcoût : certains ports ne peuvent accueillir des bateaux de plus de 30 000 tonnes. Alors que la tendance du commerce international est le transport par gros bateaux d’au moins 100 000 tonnes permettant de réaliser des économies sur le fret. Les délais de déchargement, du reste, sont très lents. Dans un seul port, le surcoût est d’au moins 40 millions de dollars du fait du rythme de déchargement des navires. Ainsi, au moins 100 millions de dollars partent en fumée annuellement en raison des délais longs pour enlever les marchandises, de l’état de sous-développement dans lequel se trouve l’infrastructure portuaire et des rythmes de déchargement des navires. Par ailleurs, le fret sur l’Algérie par rapport aux pays voisins reste beaucoup plus cher. “Pour deux raisons. Primo : les conteneurs qui ont servi à l’importation repartent vides. Parce que l’Algérie contrairement à la Tunisie est mono-exportateur. Secundo : une bonne partie des bateaux reste longtemps en rade”, ajoute la même source.En fin de compte, ce sont les consommateurs qui paient la facture des surcoûts en payant plus cher les produits. Par ailleurs, si ces contraintes de sous-développement de l’infrastructure portuaire et des longs délais d’enlèvement des marchandises ne sont pas surmontées, l’économie nationale ne pourra soutenir la compétition avec les pays émergents et pré-émergents dans le domaine. “Il faut libéraliser les activités portuaires, Nous allons ainsi réduire les temps d’attente, réduire les coûts, régler le problème de sous-équipement et de modernisation de nos ports”, suggère un expert du domaine. Cela explique pourquoi l’État veut céder les ports sous la formule concession. Les syndicats semblent s’y opposer. Le statu quo est à l’origine de cette absence d’efficacité et de fluidité du commerce extérieur. Il suffit que l’investissement privé soit libéré et que la gestion des infrastructures soit privatisée pour que nos ports soient rapidement modernisés, au profit de la grande masse de consommateurs, quitte à prévoir des cahiers des charges pour empêcher une libéralisation sauvage des activités portuaires ainsi qu’un “pacte” social favorisant de meilleures conditions de travail pour les dockers. N. Ryad

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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