Les travaux de réalisation de 9 000 logements à l’arrêt, La faillite AADL

Liberte; le Mardi 4 Avril 2006
3

- La livraison de 19 000 appartements, prévue pour 2006, est compromise.Et le programme 2003 de 65 000 logements de la Cnep n’a pas encore démarré. - Contactée, la direction de l’AADL, pour sa part, confirme l’arrêt de certains chantiers et affirme que les travaux, à Alger, sont achevés à 84%. Le bilan annuel de l’exercice 2005, annoncé officiellement en décembre dernier par la direction générale de l’Agence pour l’amélioration et le développement du logement (AADL), semble comporter de nombreuses anomalies dont des chiffres contradictoires. Certains spécialistes, très au fait du secteur de l’habitat, relèvent des écarts énormes entre la réalité des chiffres officiels et celle que reflètent les chantiers à travers les wilayas concernées. L’opinion publique, particulièrement les postulants à la formule de location-vente, serait “bernée” si on en croit les observations de ces spécialistes. Ces derniers affirment que les 14 336 logements achevés sur le territoire national, sont censés être livrés et remis à leurs attributaires. Or, sur ces 14 336 unités, 1 020 sont en double emploi puisque, soulignent-ils, ils sont déjà comptabilisés durant l’exercice 2004. Ainsi, les 584 logements de Ouled Fayet, les 232 des Bananiers et les 204 autres de Bab-Ezzouar ont déjà été livrés en 2004. Par conséquent, le chiffre avancé des 14 336 logements devrait être revu à la baisse, en éliminant les 1 020 unités. Le nombre exact devrait être ainsi de 13 316 logements. Ces écarts, faut-il le préciser, se vérifient essentiellement à Alger. Dans la capitale, il a été indiqué, rappelle-t-on, que 5 317 logements ont été livrés en 2005 ; déclaration faite par le DG à quelques jours de la fin du mois de décembre 2005. Mais il est impératif, selon les mêmes sources, de soustraire les 1 020 logements déjà livrés en 2004 pour ramener le chiffre exact et plausible à 4 297 unités. Pis, selon les mêmes sources, l’AADL n’a livré que 1 873 logements à fin décembre 2005. Il s’agit des 973 unités entre mars et août 2005 et les 900 autres en fin décembre 2005. Les logements livrés d’une manière effective à Alger sont, par voie de conséquence de 1 873 et non pas 5 317 comme annoncé par le premier responsable de l’AADL. La différence est donc de taille : 3 444 unités. Ces anomalies enregistrées sur les sites d’Alger, considérés comme la référence de par leur consistance, peuvent être constatées également sur d’autres chantiers dans les wilayas concernées par ces programmes. Une dizaine de chantiers, qui équivalent à plus de 9 000 logements, seraient actuellement à l’arrêt dans la capitale, indiquent nos sources. Bilan 2005 : des résultats controversésL’on peut citer les sites de Hraoua, Das Chaâbane et Belle-vue (Aïn Benian), Draria 2, Koléa, Boumati, Zéralda et Bachdjarah… Les délais sont régulièrement dépassés ; un phénomène accentué par la réduction des effectifs sur chantiers. Les travaux de plus de 6 334 logements seraient, selon nos sources, abandonnés pour cause de défaillance des entreprises retenues qui détiennent toujours les marchés. L’exemple le plus frappant reste celui de l’entreprise qui devrait réaliser les bâtiments de trois chantiers à Aïn Benian. Les chantiers sur lesquels sont implantés plus de 2 757 autres sont également à l’arrêt car l’AADL a décidé de résilier le marché aux entreprises réalisatrices pour cause de défaillance. Pour les 5 317 logements déclarés, affirment les mêmes sources, l’AADL n’a émis que 4 352 ordres de versement remis aux attributaires qui se sont aussitôt acquittés des 5%, l’équivalent de la deuxième tranche de l’apport personnel. Ces 4 352 ordres de versement devraient correspondre normalement à 4 352 logements, censés être occupés en ce moment. Car, un décret stipule qu’au paiement de cette deuxième tranche de 5%, les clés de l’appartement doivent être systématiquement remises au bénéficiaire. Ce qui n’ est pas le cas, constatent nos sources, car seuls 900 logements ont été distribués aux bénéficiaires vers la fin du mois de décembre dernier. Qu’en est-il pour les autres postulants qui ont déjà payé la deuxième tranche ? Devront-ils encore prendre leur mal en patience ? Dans le même sens, des milliers de candidats ont fourni leurs dossiers au notaire mais à ce jour, n’ont pas encore signé le fameux contrat, et ce depuis au moins deux ans. Résultats des courses : point de clés d’appartement. À chaque déplacement chez le notaire, ce dernier leur signifie le report de l’opération en leur fixant une énième date. La principale raison de ces “tergiversations notariales” réside, selon nos sources, dans l’inachèvement des travaux de ces logements. “Une majeure partie des logements supposés être livrés en 2005 ne sont pas encore prêts”, affirme-t-on. D’innombrables postulants inscrits sur le programme de 2001 attendent toujours une réponse à leurs demandes de recours. À ce jour, ils n’ont obtenu aucune suite de la part des responsables concernés de l’AADL. Ils s’interrogent sur les résultats du filtre qui, faut-il le préciser, a révélé des candidats qui ont déjà bénéficié de biens, soit d’un logement soit d’une parcelle de terrain… Ils se demandent de quelle manière s’est effectuée la réaffectation des logements récupérés après le passage au fichier national. Quels seront les véritables nouveaux bénéficiaires, les critères de sélection ? Autant de questions qui demeurent posées. Par ailleurs, de nombreuses irrégularités ont été soulevées par les observateurs sur les sites à Alger. Un fait inédit, avouent nos sources, s’est produit sur le site des Eucalyptus. Sur les 400 logements prévus, des postulants ont bénéficié d’une remise de clés partielle. Après avoir remarqué l’inexistence d’ascenseurs, les responsables étaient obligés de ne remettre les clés qu’aux locataires des 4 premiers étages uniquement au grand dam des autres bénéficiaires qui ont déjà payé leur deuxième tranche ! C’est ce qu’on appelle, ironisera un locataire rencontré sur les lieux, une “distribution de bas étages !!!” À Bab-Ezzouar II, des logements ont été livrés sans commodités. Le bâtiment n°19 est livré sans eau ni électricité, ni gaz. “Une distribution de bas étages !”Les habitants se sont dépannés à l’aide d’un branchement piraté. Ce qui a poussé l’entreprise réalisatrice de couper le courant. Les occupants sont restés de ce fait plusieurs jours sans électricité. Sur le site de Sebala, il a été prévu 1 338 logements. Cinq tours sont prêtes depuis plusieurs mois déjà. Mais, les travaux de VRD sont loin d’être achevés. L’attribution de ces logements est ainsi reportée pour les jours, pour ne pas dire, les mois prochains. Contactée, la DG de l’AADL contredit ces chiffres. Elle soutient que le taux d’avancement des travaux du programme de 2001 est estimé à 87,80%. À Alger, il est de 84%. Les régions du Centre, de Constantine, d’Oran et d’Annaba, le taux est respectivement de 100%, de 93%, de 75% et de 87%. Avancement des travaux selon l’AADL : 87,80% pour le programme de 2001 et 53,13% pour  2002Le programme de 2002 avance à un taux de 53,13 %. À Alger, il est de 23 %. Les régions du Centre, de Constantine, de Sétif et d’Oran enregistrent respectivement un taux d’avancement de 29 %, de 26 %, 60 % et de 82 %. Pour les entreprises défaillantes, la DG de l’ADDL a envoyé des mises en demeure pour qu’elles renforcent leurs chantiers, faute de quoi, elle résiliera leurs contrats à leur tort exclusif. “S’agissant des cas de filtre, les mis en cause sont convoqués afin de restituer le logement auquel cas, ils seraient exposés à des poursuites judiciaires en application de l’article 06 du décret 01/105. Il serait de même pour les souscripteurs qui sous-louent ou revendent leur appartement. Des mises en demeure leur sont adressées et aboutiront à l’expulsion du logement en application des articles 09 et 19 du contrat de location-vente”, expliquera la DG de l’AADL. Pour les candidats qui ne figurent pas sur les listes des programmes 2001 et 2002 ainsi que celui de la CNEP, ils attendront, soulignera l’AADL, à ce que de nouveaux projets (programmes) soient confiés soit à l’AADL soit à un autre organisme. Il faut noter au passage qu’aucun chantier du projet des 65 000 logements promis par la CNEP n’a encore démarré. Compte tenu du rythme insufflé aux travaux sur chantiers, il serait peu vraisemblable que l’AADL livre les 19 000 logements promis pour l’année en cours. Il serait même utopique de dire que les deux programmes de 2001 et 2002 seraient achevés en 2007. Badreddine KHRIS

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..