Maladies émergentes et réémergentes , Quand les sous-déclarations faussent toute prévention

Liberte; le Dimanche 30 Novembre 2014
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Il est désormais fait obligation aux responsables et personnels de la santé de toute la région ouest de procéder aux déclarations obligatoires des maladies émergentes et réémergentes.

La réactivation des activités de l’Observatoire régional de la santé à Oran (ORS), ces derniers mois, intervient dans un contexte où l’inquiétude est grandissante quant aux capacités des autorités sanitaires à faire face à des épidémies virales de grande ampleur. Et tous de penser au virus Ebola, d’autant qu’au plus près de l’Algérie, l’apparition de plusieurs cas d’Ebola au Mali, où 6 décès ont été enregistrés jusqu’ici, est un signal fort pour une vigilance accrue. Cette situation évoquée superficiellement, jeudi, à Oran, à l’occasion d’une rencontre régionale sur les maladies émergentes et réémergentes à déclaration obligatoire, a fait dire aux responsables locaux de la prévention que “le virus ne doit pas franchir nos frontières. Le système de contrôle est permanent aux frontières terrestres, aux aéroports pour les vols en provenance des pays concernés, et le dispositif a été renforcé à Tamanrasset. La vigilance et la sensibilisation sont depuis des semaines le créneau des autorités locales quand on sait que le service infection du CHUO est le service de référence régionale et il sera au centre de toutes les prises en charge d’éventuels cas de contamination.” Des propos prononcés justement en marge de la rencontre initiée par l’ORS, qui s’est déroulée au niveau de l’ITSP d’Oran, pour rappeler aux responsables et personnels de la santé de toute la région ouest l’obligation qui leur est faite de procéder aux déclarations obligatoires des maladies émergentes et réémergentes. Dans ce sens, l’arrêté ministériel datant de décembre 2013 a permis de compléter la liste des maladies à déclaration obligatoire nationale et internationale. Cette dernière liste comprend bien évidement les fièvres hémorragiques, comme Ebola, le sras, le choléra et bien d’autres. Quant à la liste des maladies à déclaration obligatoire et sous surveillance au  plan national, on retrouve parmi les 38 maladies répertoriées, la leishmaniose, le paludisme, la tuberculose, la peste les hépatites A, B et C ou encore le VIH-Sida. Les dernières données épidémiologiques du premier semestre 2014, collectées par l’ORS, montrent que la tuberculose est l’infection qui reste la plus répandue, avec une incidence de 33,85 cas pour 100 000 habitants, suivie des MTH avec 15,88 cas pour 100 000 habitants. Mais les professionnels de la santé s’interrogent sur les chiffres des hépatites virales et du sida. “Il ne peut y avoir qu’une sous-déclaration, si l’on compare nos données avec les chiffres rendus publics par la presse et émanant des associations. Il est clair qu’il y a un problème, soit une sous-déclaration soit une sur-déclaration”, réagit un médecin de la prévention. La responsable de l’ORS, pour sa part, avoue qu’en effet nombre de médecins, que ce soit dans le public ou le privé, ne procèdent pas à la déclaration systématique des maladies présentes dans la liste du ministère, et d’expliquer cela par une absence de sensibilisation.

D. L

Categorie(s): ouest

Auteur(s): LOUKIL D

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