Marché de l’eau minérale, Sellal veut mettre fin à l’anarchie

Liberte; le Mercredi 29 Mars 2006
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Il s’agit pour le ministre de mettre un terme à l’anarchie qui prévaut actuellement sur le marché.“D’ici trois ans et demi, voire moins, Alger aura de l’eau courante dans les robinets 24h/24”, a réaffirmé  M. Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau, lors de son intervention, hier, sur les ondes de la radio Chaîne I (émission Tahaouelet). L’occasion également pour le ministre de couper court à des “indiscrétions” qui font état de l’augmentation des prix du précieux liquide dont serait à l’origine le groupe Suez qui a décroché le marché (conclu le 28 novembre 2005) avec l’Algérie pour les cinq ans à venir.  “Suez n’a aucun droit de regard ni le pouvoir de décision pour influer sur le prix de l’eau”, dira-t-il en expliquant que le contrat qui lie ce groupe au secteur ne concerne qu’une “gestion déléguée” et non une concession comme cela est entrepris dans certains pays. Suez est donc un prestataire à qui on a confié la mise à niveau, la modernisation du service de l’eau et l’assainissement de la ville de façon fiable et pérenne pour apporter ainsi son savoir-faire avec l’obligation de former 3 000 personnes du secteur de l’eau à même de reprendre le flambeau.  Le recours à un partenaire étranger a été concrétisé après une longue et mûre réflexion qui a démontré que c’est là un choix inévitable.Ce processus répond à l’essence même du Sommet de Mexico qui favorise le partenariat entre le public et le privé. Il est d’ailleurs question de lancer, dès la semaine prochaine, un autre appel d’offres concernant, cette fois-ci, les villes d’Oran, d’Annaba, et de Constantine. M. Sellal, qui a longuement insisté sur la complexité de la problématique de l’eau dans le monde, dans le Méditerranée et particulièrement en Algérie, a plaidé pour une approche préventive basée sur une action à moyen et à long termes. Il abordera aussi le volet “marché de l’eau minérale”.À ce propos, il a annoncé que dès la semaine prochaine, seront publiées dans toute la presse les nouvelles normes applicables et qui semblent être plus drastiques pour la production de l’eau après les nouveaux amendements apportés à ce chapitre.“L’eau minérale a ses spécificités et doit obéir à des normes strictes au profit du citoyen et de sa santé”, a martelé le ministre, allusion faite sans nul doute à toute l’anarchie marquée par une flopée de producteurs de l’eau sans grande garantie sur la qualité.  La question des prix, quant à elle, reste dépendante du marché, insiste le ministre. “Le citoyen ne paie pas le prix réel de l’eau qui reste soutenu par l’État. Certes, il varie du citoyen à une entreprise, à un hôtel, etc. Mais il reste dépendant de la quantité consommée”, a-t-il indiqué sans toutefois exclure une légère augmentation, si le prix de l’électricité, à titre d’exemple, venait d’augmenter à son tour.“Il est primordial d’assurer assez de quantité d’eau à tous et de manière équitable”, dira M. Sellal et d’appuyer ses déclarations par des données chiffrées. Pas moins de 40% de pluie sont perdus et ce sont aussi 40% des investissements qui s’évaporent. Autrement dit, il est judicieux, pour le ministre, de réaliser des barrages et de les entretenir et surtout de remettre en service pas moins de 24 stations de traitement des eaux usées pour atteindre les 52 unités à l’orée de 2009. Cette eau servira au secteur agricole hors agrumes (arboriculture). Nabila Saïdoun

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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