Mgr Teissier devant la communauté des Pères blancs de Tizi Ouzou, “Encourager le dialogue des religions”

Liberte; le Samedi 1 Avril 2006
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C’est à un véritable plaidoyer en faveur d’un dialogue interreligieux que s’est livré Mgr Henri Teissier, jeudi dernier, devant la mission des Pères blancs de Tizi Ouzou. Intervenant au cours d’un colloque organisé à l’occasion de l’inauguration du Centre de documentation et de rencontre, l’archevêque d’Alger a axé sa réflexion sur trois aspects : culture, foi et dialogue. Si le lien est d’emblée établi entre la culture et la foi, dès lors que cette dernière se vit nécessairement dans un environnement culturel, le dialogue entre les religieux est un élément induit par la mondialisation. “Longtemps, les croyants ont vécu enfermés dans l’univers de leur propre culture religieuse. Même s’il y a dans un même pays des chrétiens, des juifs et des musulmans, chacun rencontrait l’autre au plan humain de la vie quotidienne, mais les univers religieux communiquaient peu.” C’est le constat que fait Mgr Teissier qui note que les choses ont changé ces cinquante dernières années. “Les communautés religieuses sont devenues conscientes de leurs responsabilités par rapport à la paix dans le monde, une responsabilité que chacun porte devant sa société, devant la communauté humaine universelle, mais aussi devant Dieu et devant sa conscience”, explique l’orateur. L’expérience dans laquelle s’est développé le dialogue interreligieux, l’archevêque d’Alger dit l’avoir vécue personnellement lorsqu’il était, dans les années 50, aumônier d’étudiants à Paris. Il ne s’est pas empêché de rappeler l’expérience d’un dialogue concret entre les religions. C’était à l’occasion du premier colloque international du dialogue islamo-chrétien de Cordoue en 1974. “Avec les organisateurs, je me suis rendu chez l’évêque de la ville pour demander si les musulmans présents au colloque pouvaient faire la prière du vendredi dans la cathédrale de Cordoue, devant le mirhab de l’ancienne mosquée, chose qui n’a pas été faite depuis le XIIIe siècle, c’est-à-dire avant la chute de la ville prise par les armées de la Reconquista”, raconte le premier responsable de l’Église catholique algérienne, avant de plaider : “Non, le dialogue ne doit pas rester abstrait. Il doit transformer les relations entre les croyants.”Et au conférencier d’inviter à persévérer dans la voie du dialogue interreligieux. Le colloque s’est poursuivi avec les communications de François Chavannes sur Albert Camus et la Kabylie, Lucienne Brousse avec la méthode d’enseignement “Tizi Wuccen”, Chantel Lorette qui a disserté sur l’œuvre de Saïd Boulifa, et enfin MM. Chemakh et Salhi à propos du fichier périodique.Dans la matinée, le nouvel espace de la bibliothèque a été inauguré en présence du maire de la ville de Tizi Ouzou, de l’ambassadeur de France en Algérie ainsi que des responsables de l’Église catholique. Outre le rappel sur la présence en Kabylie des Pères blancs et des Sœurs blanches depuis 1873, Jean Guegnard, responsable de la mission des Père blancs, n’a pas omis d’évoquer la mémoire des quatre Pères blancs assassinés par les terroristes en décembre 1994 à Tizi Ouzou. Il s’agit des Pères Alain Dieulangard, Jean Chevillard, Charles Deckers et Christian Chessel. “La religion continue de se souvenir intensément du drame du 27 décembre 1994 au cours duquel quatre des pères ont été enlevés tragiquement à la sympathie de tous”, dit-il, avant de préciser que l’idée de cet espace est née en 1994 de l’engagement du père Chessel.Silence religieux dans la salle…Yahia Arkat

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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