Mohamed Bouchentouf initiateur du “Super Potager”, “Il faut investir dans l’agriculture familiale”

Liberte; le Mardi 13 Decembre 2011
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Liberté : Comment l’idée de créer ce Super potager au sud du pays a-t-elle  germée ?Mohamed Bouchentouf : Il s’agit d’un concept agronomique dédié aux climats tropicaux, mis au point après quinze années de recherche et trente ans d’expérience sur le terrain. J’ai pris la décision de me lancer dans cette aventure avec l’aide de Sodexo Algérie et d’effectuer un essai à Hassi-Messaoud pour relever le défi. Le 9 mars 2009, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, nous avons entamé le projet-pilote, premier du genre. Qu’apporterait de nouveau ce système pour l’agriculture algérienne ?Il contribue à l’économie de l’eau, de l’espace et du travail. Il protège l’environnement, introduit aussi des techniques modernes et des éléments dont des produits chimiques innovants et appropriés.Quel écho avez-vous reçu de la part des bénéficiaires de ce jardin SP ?ll Ils ont constaté une nette différence entre leur agriculture traditionnelle et le nouveau concept. Leur rendement est meilleur et la technique appliquée a été bénéfique. Les résultats enregistrés ont suscité, d’ailleurs, l’intérêt des autres wilayas qui m’ont aussitôt contacté pour reproduire la même conception dans leurs localités. Plusieurs pays de par le monde m’ont également sollicité pour renouveler cette expérience chez eux. Comment comptez-vous développer davantage cette méthode à travers le territoire national ?Cela peut se faire aisément avec des investisseurs privés intéressés par ce genre de projets. Aussi, l’implication des banques sera d’un apport considérable. Le coût du projet, d’une superficie de 60 m2, ne dépasse pas les 35 000 DA pour une durée de dix ans. Les crédits sont donc remboursables facilement avant six mois. Mon objectif, c’est d’aller vers d’autres régions, comme Adrar et Timimoun, là où l’on enregistre une forte demande exprimée par les autorités, locales elles-mêmes. Les wilayas d’El-Oued et de Ghardaïa sont elles aussi potentiellement intéressantes pour ce type de projets. L’avenir est dans ces régions. Par quoi envisageriez-vous commencer votre travail ?Il faut d’abord former des encadreurs qui, à leur tour, vont encadrer et superviser les agriculteurs.  On remarque que ce système s’inscrit en droite ligne de la politique du renouveau agricole et rural prônée par le ministère de tutelle… Ce sont des projets économiquement viables et rentables qui préservent les ressources naturelles, protègent l’environnement et garantissent la sécurité alimentaire du pays qui, à mon avis, commence par celle des familles.  Un dernier mot ? Il faut encourager et promouvoir les cultures vivrières au sein des ménages ruraux. Et si on commence par cette catégorie de citoyens, on réglera 70% des problèmes de l’agriculture dans le pays. Car ce taux représente les petits agriculteurs dans le monde. Le challenge auquel fait  face l’Algérie est la sécurité alimentaire qui reste une question de souveraineté nationale…B. K.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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