Perturbé, entre autres, par le remaniement ministériel coïncidant avec le coup d’envoi, Sitev-2015 : une édition en demi-teinte

Liberte; le Lundi 18 Mai 2015
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Baisser de rideau, hier, sur la 16e édition du Salon international du tourisme et des voyages (Sitev-2015). Une édition en demi-teinte comme qualifiée par les exposants qui n’ont pas manqué d’exprimer leur grande déception à la clôture. “Nous en sommes à la 16e édition dans l’organisation du Sitev et nous sommes encore incapables de réussir l’événement”, ont-ils dénoncé, précisant qu’“il faut arrêter avec le bricolage juste pour dire que le Salon s’est tenu. Ça devient barbant, et heureusement que les établissements publics sont là pour sauver les apparences, car indirectement, ils sont sommés d’y participer sinon l’événement n’enregistrerait qu’une faible
participation, tant il est dénué de toute attractivité.”
Un grand nombre de voyagistes rencontrés lors de ce rendez-vous touristique très attendu par tous avouent ne pas comprendre les raisons qui amènent à chaque fois à ce résultat désolant.
“Il faudra d’abord qu’ils nous expliquent si c’est un Salon dédié aux professionnels ou au grand public, et organiser les choses dans ce sens”, font-ils remarquer, avant de poursuivre : “Nous avons toujours l’impression que l’organisation du Salon est prise à la légère à tous points de vue jusqu’au thème choisi qui en a amusé plus d’un. Comment oser prétendre qu’investir dans le tourisme est un placement sûr quand tout fait fuir les promoteurs intéressés tant les entraves sont multiples.” Ils ne manquent pas non plus de relever la mauvaise communication de la part des organisateurs et l’absence de tout sens de créativité. “À l’ouverture du Salon, ça a été une journée presque perdue à cause de la visite de l’ex-ministre qui s’est éternisée ici, alors qu’elle se savait remplacée et le troisième jour également à cause de la venue des autres officiels”, se sont plaints les exposants qui disent “apprécier l’intérêt des officiels, mais sans que cela soit aux dépends du bon déroulement du Salon qui se veut être avant tout une opportunité d’échanges entre professionnels aux fins de conclure des partenariats”.
Il y avait, en effet, un nombre appréciable d’étrangers pour qui la participation à un coût (stand à 100 000 DA les 9 m2 pour une surface nue), en plus de la restauration et de l’hébergement qu’il fallait rentabiliser durant les quatre jours. C’est aussi le cas pour les nationaux qui sont venus des quatre régions du pays et qui supportent également des dépenses.
“Ce n’est pas un Salon, c’est une foire. Il n’y a qu’à voir le type d’animation que l’on fait valoir tout le long du Salon”, attestent les participants qui déclarent unanimement que “c’est la participation tunisienne qui a sauvé le Sitev du ‘fiasco’ en présentant un stand digne de l’événement et l’importance qu’il est supposé avoir. Cela s’est traduit aussi par la participation, pour la première fois, de la Fédération tunisienne des agences de voyages (président et tout le directoire), le DG de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT) et par l’intérêt des opérateurs tunisiens qui ont été fort nombreux lors de cette édition”. Les participants n’ont, par ailleurs, retenu aucun rendez-vous scientifique “sérieux” qui devrait agrémenter ce type de manifestation ni la participation de noms connus et reconnus de spécialistes nationaux ou étrangers.
À noter le passage, samedi dernier, du chef du gouvernement tunisien, Habib Essid, accompagné par la ministre tunisienne du Tourisme. Ce dernier n’a pas manqué de souligner, à l’occasion, “l'importance du renforcement du partenariat et de la coopération algéro-tunisienne, notamment dans le domaine du tourisme”.

N.S.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nabila Saidoun

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