Procès en appel des ex-dirigeants de Sonatrach, La justice confirme les peines

Liberte; le Jeudi 8 Decembre 2011
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La salle d’audience de la cour d’Oran était archicomble, hier après-midi, pour entendre le verdict dans le procès en appel des deux ex-dirigeants de Sonatrach, des cadres du groupe et de la société Safir. Les noms des cinq prévenus sont vite prononcés par le magistrat qui annonce aussitôt la confirmation des peines prononcées en première instance. Du fond de la salle, une voix à peine audible répète à plusieurs reprises : “C’est injuste !” Ainsi, le verdict mis en délibéré depuis le 23 novembre dernier vient mettre fin à des semaines d’attente et, surtout, voit, pour la première fois, l’ex-P-DG de Sonatrach,M. Meziane, condamné à deux ans de prison dont une année ferme, alors que les quatre autres prévenus, à savoir A. Feghouli, ex-vice-président de l’activité Aval, T. Nechnech, ex-DG de la société algéro-française Safir, H. Mekki, directeur du département études et développement à Aval, et T. Benamar, ex-dirigeant de la filiale Cogiz, tous condamnés à un an de prison dont quatre mois fermes.Des peines qu’ils ont déjà purgées. Un mouvement dans la salle se fait sentir, le magistrat ordonne sèchement à tout le monde de rester en place.Au fond, assis sur un banc comme un simple quidam entre deux citoyens,M. Meziane, à l’annonce du verdict, le visage est imperturbable, alors que quelques instants avant l’arrivée du magistrat, celui-ci arborait un sourire et saluait des journalistes. Certains de ses proches qui l’accompagnaient s’étaient vu interdire l’accès à la salle d’audience. Par ailleurs, une absence remarquée, celle de Feghouli, qui, visiblement, a choisi de ne pas venir à la cour pour entendre le verdict. Une fois sortis du tribunal, les ex-cadres de Sonatrach et de Safir sont entourés de leur famille et nous confirment aussitôt : “Nous allons nous pourvoir en cassation, nous le ferons, ce n’est pas pour nous, mais pour les cadres de Sonatrach qui sont toujours en poste !” Tous s’estiment victimes d’une injustice et réaffirment leur innocence. À notre question sur un prochain pourvoi en cassation, l’ex-P-DG de Sonatrach, le visage dur d’un coup, décline notre sollicitation d’un geste de la main et s’en retourne pour rejoindre sa famille qui l’attendait à l’extérieur ; les visages sont blêmes.À l’évidence, c’était une relaxe qui était espérée. Pour un des avocats, le verdict est, en effet, décevant. “Nous attendions la relaxe, mais il est plus facile de décider la confirmation de la peine que de prononcer la relaxe !” Ainsi, les cinq condamnés auront huit jours pour se pourvoir en cassation. Pour rappel, les cinq cadres et ex-dirigeants du groupe Sonatrach et Safir étaient poursuivis dans une affaire de passation de marché contraire à la réglementation et de dilapidation de deniers publics.Il s’agissait d’un marché de gré à gré entre Sonatrach Aval et Safir pour la réalisation de bacs de stockage d’azote à Arzew.Safir étant une société spécialisée dans l’ingénierie et dont une partie du capital est détenue par le groupe pétrolier.Lors des procès en première instance et en appel, les ex-dirigeants de Sonatrach s’étaient vu reprocher le recours du gré à gré au lieu de passer par les avis d’appel d’offres.Quant à la défense, sa ligne de conduite resta inchangée, à savoir que l’urgence, le statut et l’expérience de Safir  avaient amené à ce recours du gré à gré.D. LOUKIL

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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