“RACHDA”, LE NOUVEL ALBUM DE MAHFOUD SAKOUTI, Loin des sentiers battus

Liberte; le Samedi 31 Mars 2012
3

C’est un album plein de couleurs, comme celles du printemps, que nous propose Mahfoud Sakouti, avec Rachda. Il l’a confectionné de mains de maître. Du pur chaâbi ! L’artiste revisite le répertoire chaâbi tout en lui donnant un cachet original, loin donc des sentiers battus. Le résultat obtenu est une musique métissée à des sonorités modernes. Mahfoud Sakouti, dans son deuxième album, Rachda, s’inscrit dans la continuité certes, mais ne s’accroche pas aux règles préétablies. Il se régénère, donne un nouveau souffle au style qu’il affectionne. Cependant, l’artiste n’a pas travesti les règles, il a juste accordé sa musique au monde d’aujourd’hui, en tenant compte des goûts si diversifiés des mélomanes, eux qui, à travers les assauts incessants d’autres musiques, exigent une redéfinition des bases. Un artiste se doit de suivre le public, sauf que dans ce cas, “les traditionalistes” risquent d’être heurtés par le texte vif et la musique établie sur un respect rigoureux des legs des anciens, à laquelle Mahfoud Sakouti a donné une dimension plus adéquate avec les exigences du moment. Un chaâbi modernisé avec des rythmiques bien de notre époque, mais qui s’inspirent, loin s’en faut, des repères et des fondamentaux d’une musique chaâbi aussi riche que ses concepteurs. À travers ce second album, et après El-Wecham en 2011, Mahfoud Sakouti a réussi une union sacrée entre un héritage musical des plus fins avec des sonorités improvisées pour assouvir les goûts d’un public porté, dans sa majorité, sur la modernité musicale. Il va de soi que cet album traite plusieurs sujets, qui s’apparentent à des tableaux défilant tels ceux d’une pièce de théâtre où les comédiens s’adonnent à des rôles différents. Il traite des joies de la vie, du sourire et plein d’autres sujets du quotidien.Cadre dans une entreprise publique, Mahfoud Sakouti, natif d’Alger et originaire d’Ighil Ali (Béjaïa), a mis du temps pour se lancer dans le monde de l’édition. Musicien de talent, il a préféré acquérir, comme il se doit, les bases d’un art confectionné par des maîtres pour se lancer dans le défi de l’édition.L’interprète a étudié d’abord la musique andalouse pendant plusieurs années, avant d’intégrer la formation musicale de Sonatrach durant les années 1970, avec laquelle il a sillonné le pays. Il avait préféré l’aventure de la scène à celle des studios. Son deuxième album sera cette semaine chez les disquaires. Un disque qui permet de découvrir tout le talent de cet artiste.
M. M

Categorie(s): culture

Auteur(s): Rédaction nationale

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..