Reflet culturel, Même la culture de la prévoyance sociale disparaît peu à peu

Liberte; le Mardi 20 Mars 2012
3

Après les établissements bancaires qui ont vu et qui continuent de voir le marché de la monnaie se faire et se défaire dans l’informel et au perron de leur porte, c’est au tour des structures étatiques (Casnos, Cnas et CNR), en charge du recouvrement des dus à leur titre, de subir les conséquences en raison de l’effondrement du travail formel. La perte de la culture dans la notion d’assurance, de sécurité sociale, de protection sociale et des cotisations pour la retraite provoquera sous peu certainement de graves bouleversements. Ces obligations parafiscales, déjà mises à mal par la fraude des cotisations, ont fini malheureusement par être effacées par le marché parallèle du travail et de la débrouille perçus comme une option immédiatement plus profitable et juteuse par nos jeunes. À ce monde mouvant du travail informel vient se mêler celui de ceux qui, après leurs journées de travail formel, sont obligés d’arrondir leurs fins de mois par des revenus complémentaires gagnés dans un travail tout aussi informel. La masse salariale échappe aux contrôles et la croissance économique se trouve inévitablement troublée. Mais comment expliquer que le travail informel, sous toutes ses formes, ait lieu au vu et au su de tous ? Cette “autorisation” qui ne veut pas dire son nom n’est-elle pas un aveu de reconnaissance implicite de la culture généralisée de l’informel ? On peut penser qu’on a laissé se développer le travail informel car il absorberait vraisemblablement un grand nombre de chômeurs et donc allègerait l’État au moyen d’une paix sociale mais toute relative. C’est là une vue de l’esprit bien imprudente car que sera le poids des conséquences qui surgiront quand les travailleurs de l’informel d’aujourd’hui se retrouveront demain âgés et dans l’incapacité physique de travailler ? Sans nul doute qu’ils deviendront inévitablement de lourdes charges qui embarrasseront l’État déjà déliquescent sur le sujet. Les causes qui ont laissé apparaître le travail informel sont nombreuses. Ce sont elles qu’il y a lieu de traiter en amont. La plus évidente, entre autres, est la démographie galopante non contrôlée qui influe, déséquilibre et inverse le rapport entre l’offre et la demande d’emplois. Ces enchaînements des pertes bouleverseront sans aucun doute les prévisions d’usage à venir. Mais s’il existe un marché informel qui impose ses lois c’est parce qu’il existe aussi une “clientèle informelle” soustraite à toute étude sur la société. Un colloque vient de se tenir à Alger et des suggestions d’équilibre ont été formulées. Mais à quoi peuvent servir de telles rencontres si elles ne trouvent pas leur prolongement dans les faits ? Elles deviendront tout simplement à leur tour des rencontres “informelles”.
A. A.kocilnour@yahoo.fr

Categorie(s): culture

Auteur(s): Rédaction nationale

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..