Regain de violence à Ghardaïa, Des dizaines de blessés, des maisons et des voitures saccagées

Liberte; le Jeudi 21 Mai 2015
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Malgré toutes les tentatives d’apaisement, la violence a de nouveau envahi les rues et quartiers de Ghardaïa. Depuis trois jours consécutifs, elle se poursuit sans répit. Plusieurs maisons, magasins et voitures ont été saccagés, d’autres complètement brûlés. Le quartier a vécu de véritables scènes de guerre, racontent les habitants.
Les émeutiers, et afin d’empêcher l’intervention des forces de sécurité, ont enflammé des pneus et bloqué la route principale à l’aide de pierres et d’autres objets. Les forces antiémeutes ont recouru aux gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les émeutiers.
Cette situation a dégénéré après une accalmie fragile qui a duré à peine quelques semaines. Ce regain de violence, que l’on constate sur le terrain depuis plus de 72 heures, fait craindre le pire.
Une violence, qui a débuté dans le quartier de Theniet El-Makhzen la semaine dernière, s’est vite propagée à d’autres lieux pour mieux s’installer dans le quartier El-Kaouty. Les affrontements se sont déclenchés lorsque des jeunes inconnus, venus en grand nombre, ont attaqué le quartier El-Kaouty dans la soirée et ont brisé les vitres des voitures appartenant aux habitants et ont mis le feu à plusieurs maisons.
Ces actes ont poussé les citoyens à sortir pour défendre leurs biens, et c’est ainsi que de vifs heurts ont éclaté entre les deux parties, puis entre les forces de sécurité qui sont intervenues et ont tenté de maîtriser la situation. En vain.  Un citoyen a été poignardé et plusieurs autres dont des dizaines de gendarmes et des membres des forces de sécurité ont été blessés.  lors de ces affrontements.
Les citoyens présents sur les lieux démentent catégoriquement que des réfugiés maliens sont impliqués dans ces actes, contrairement à ce qui a été diffusé par de nombreux médias, et les habitants confirment également l’absence totale de jeunes Africains au moment des émeutes.
Ces événements coïncident avec l’ouverture des séances de jugement des accusés des événements de 2014 et des assassins des trois jeunes, dont Babasmaïl et Bahidi tués en février 2014. Ces audiences ont débuté avant-hier.
Selon des observateurs, cette reprise de violence vise à exercer une pression sur l’État, surtout que quelques parties ont déjà réclamé, lors des derniers affrontements, la libération des détenus, ce qui peut expliquer ce regain de tension. Malgré l’important dispositif déployé, le climat reste, néanmoins, toujours tendu et un calme très prudent règne.  

G. C.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): G. Chahinez

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