Relizane , Une exclue du recasement internée à l’asile des vieillards

Liberte; le Jeudi 29 Janvier 2015
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Des membres de la commission de prise en charge des sans-abri relevant de la DAS, escortés de policiers, ont mis fin au sit-in, dimanche, contraignant la protestataire et son fils âgé de 5 ans à les accompagner à l’asile des personnes âgées.

L’affaire Saddam Aïcha, la mère de famille qui observait un sit-in devant le siège de la wilaya de Relizane depuis le 20 décembre 2014, pour protester contre son exclusion de 3 opérations de recasement à Zemmora, n’en finit plus de défrayer la chronique locale.
Et pour cause. Ainsi apprend-on auprès du représentant local de la Laddh (Ligue algérienne de défense des droits de l’homme) que des membres de la commission de prise en charge des sans-abri relevant de la DAS (direction des affaires sociales), escortés de policiers, ont mis fin à son sit-in, dimanche à 20h, contraignant la protestataire et son fils âgé de 5 ans à les accompagner à l’asile des personnes âgées de Relizane, et confisquant les quelques couvertures offertes par des âmes charitables. Pis encore, le lendemain matin, ayant constaté que la malheureuse avait repris son sit-in, la même commission, accompagnée d’agents de la force publique, a été dépêché à 11h afin de contraindre la jeune femme à réintégrer l’asile avec interdiction de quitter les lieux. “Depuis, l’infortunée erre dans les rues avec son enfant”, dénonce le défenseur des droits humains. “Elle m’a expliqué, au cours d’un entretien, n’avoir pas pu supporter l’enfermement dans cet espace clos où règne toute la misère du monde. Selon elle, l’enfer de la rue est plus supportable que celui de l’asile, et que puisque les responsables locaux veulent la clochardiser, au lieu de la réintégrer dans son droit à un toit décent, elle préfère demander l’aumône aux passants que de passer une nuit supplémentaire à l’asile.” Partant de ce fait, la Laddh fait endosser la responsabilité de la réduction d’une citoyenne remplissant tous les critères du droit au relogement en une SDF. L’ONG fustige également les “basses manœuvres” des responsables locaux qui mènent, selon elle, une véritable campagne de harcèlement et d’intimidation contre cette humble femme de ménage divorcée, exerçant dans le cadre du filet social, et de surcroît ayant à charge un enfant et une sœur handicapée. Rappelons que Saddam Aïcha, poussée au désespoir par l’inertie de l’administration locale à régler son problème de logement, a tenté à deux reprises de s’immoler par le feu, jeudi, puis vendredi.
C’était sans doute le geste de trop qui a poussé les responsables locaux à  “escamoter” le problème qu’elle constituait, faute de pouvoir le régler.

M. S

Categorie(s): ouest

Auteur(s): M. Seghier

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