Remaniement ministériel, Louisa Hanoune regrette les départs de Yousfi et de Necib

Liberte; le Dimanche 17 Mai 2015
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Si elle se réjouit naturellement du départ de la ministre de la Culture, Nadia Labidi, pour les raisons que tout le monde connaît, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, est loin d’être satisfaite du remaniement ministériel opéré, jeudi dernier, par le chef de l’État. Elle déplore notamment le maintien de certains ministres qu’elle accuse d’être à la solde d’une “oligarchie prédatrice née au sein même de l’État”. C’est, du moins, ce qu’elle a relevé dans son discours fleuve prononcé, hier, en guise de liminaire à la réunion du bureau politique du parti. Pour elle, ce remaniement “reflète les contradictions constantes des politiques et des décisions au sein du gouvernement”.
Hanoune, qui rappelle que le remaniement du gouvernement relève “exclusivement” des prérogatives du Président, s’étonne, d’une part, du maintien des ministres “intouchables” suspectés de servir l’oligarchie et, d’autre part, du remerciement d’autres membres du gouvernement “malgré leur intégrité et les bons résultats” réalisés dans leurs secteurs respectifs. “C’est incompréhensible !”, s’est-elle exclamée en évoquant ces deux cas diamétralement opposés.
Elle regrette naturellement le départ du ministre de l’Énergie, Youcef Yousfi, qu’elle qualifie “d’intègre, de respectable et de patriote”. Cela, même si elle se déclare ne pas s’opposer pour autant au nouveau venu, en l’occurrence Salah Khebri. L’autre ministre partant défendu par Hanoune, sans le citer, est Hocine Necib, dont le secteur, juge-t-elle, est d’une “extrême importance”. Un changement qu’elle ne comprend pas également. Et pour elle, “la question reste posée”.
Par ailleurs, elle s’interroge sur le pourquoi des nouvelles missions et prérogatives élargies qui viennent d’être attribuées à Abdelkader Messahel, désormais désigné ministre des Affaires maghrébines et africaines et de la Coopération internationale. Et c’est cette dernière mission ajoutée à l’ancien ministre des Affaires maghrébines et africaines qui dérange la patronne du PT. “O.K. pour les Affaires maghrébines et africaines. Mais pourquoi la Coopération internationale ?”, se demande-t-elle, même si elle dit avoir du respect pour les deux ministres (Ramtane Lamamra et Abdelkader Messahel, ndlr), qui partageront dorénavant les missions diplomatiques. Pour elle, cette “bipolarité” risque de “poser des problèmes et des chevauchements dans les décisions”. Hanoune appréhende le pire ; elle craint que cette bipolarité arrange “la diplomatie parallèle” que mènent déjà, selon elle, des “oligarques”.
Elle craint que ce soit une manière de consolider “la privatisation partielle des missions de l’État par les grands prédateurs”. L’adversaire identifié de Hanoune est, notamment, le patron du FCE, en l’occurrence Ali Haddad, qu’elle n’a pas hésité à vilipender, une fois de plus, à cette occasion.  
Pour barrer la route à “l’oligarchie prédatrice”, Hanoune s’en remet au président Bouteflika qu’elle appelle à prendre les mesures qui s’imposent à l’occasion de la promulgation de la LFC 2015 afin, dit-elle, de mettre un terme à “cette aliénation sans précédent”.

F .A.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid Abdeladim

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