“RENDEZ-VOUS AVEC LA PAROLE” REÇOIT ZOHRA DRIF-BITAT, “Contre la colonisation autrement”

Liberte; le Jeudi 19 Avril 2012
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Les chercheurs algériens sont invités par le directeur du CNRPAH et la moudjahida à s’organiser pour apporter des réponses manquantes à l’histoire du pays (XIXe et XXe siècles). La base de réflexion de ce projet est “Contre la colonisation autrement”.“L’objectif de notre rencontre est d’apprendre à nous organiser”, a précisé Zohra Drif-Bitat. Cette déclaration est un appel aux “intellectuels algériens” pour combattre le “danger extérieur” sur la “délégitimisation” de la guerre de libération. Conviée par l’ONCI dans le cadre de la rencontre “Rendez-vous avec la parole”, avant-hier, à la salle Atlas de Bab El-Oued, la moudjahida a fait appel aux chercheurs, historiens et journalistes. Elle a signalé : “Notre guerre était juste et légitime. Notre devoir est d’apporter des réponses et de permettre à nos jeunes d’avancer.” Présent à ses côtés, Slimane Hachi, directeur du Centre national de la recherche préhistorique, archéologique et historique (CNRPAH), a précisé que ce RDV est “une occasion pour réfléchir à construire notre propre discours”. Et d’ajouter : “Le processus de délégitimisation se propose de dire qu’il y a eu la violence des deux côtés. Alors que la violence première est la colonisation.” Le directeur du CNRPAH a donc proposé l’article “Non, je ne regrette rien. Bien au contraire j’assume tout” de Zohra Drif-Bitat, comme base de réflexion. “Ce texte est pertinent et fondateur. Je l’ai proposé pour qu’il constitue notre manifeste. Pour nous redéployer et être actifs. Et nous sommes fiers de récupérer notre histoire”, a-t-il estimé. Ce texte a été écrit après la participation de la moudjahida au colloque Marianne-El Khabar. “Il a été rédigé dans le but de répondre aux atteintes à l’encontre de la mémoire de la guerre”, a-t-elle expliqué. Quant au manifeste titré Contre la colonisation autrement, la conférencière a précisé que “la colonisation autrement est une technique des pays colonisateurs pour perpétuer le système colonial”. Ce projet de réflexion sur l’histoire de l’Algérie du 19e au 20e siècles sera réalisé à travers des conférences, des rencontres, des recherches et des débats. Le QG des membres intéressés par cette idée de construction de l’histoire pour faire “prendre conscience sur des faits réels” aura lieu au CNRPAH. “Il est ouvert à tous les chercheurs et intellectuels du pays pour réfléchir sur tout cela. Nous organiserons aussi des rencontres importantes”, a expliqué le directeur du centre. L’assistance présente a proposé de nombreuses solutions pour l’émergence de ce manifeste. Présente à la rencontre, Khalida Toumi a soutenu ce projet “qui soutient la légitimité de la guerre de novembre”. Parmi les propositions avancées, la diffusion de ce manifeste dans toutes les wilayas, la participation de la moudjahida dans des rencontres dans les quatre coins de l’Algérie, l’implication de la presse et la création d’un site sur le manifeste.
H M

Categorie(s): culture

Auteur(s): Rédaction nationale

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