Sa démission a été refusée à plusieurs reprises, Tahmi paye pour la CAN-2017

Liberte; le Samedi 16 Mai 2015
110698

Ironie du sort, c’est curieusement le jour même (jeudi) de son limogeage, que Mohamed Tahmi s’est penché, devant les députés de l’APN, sur ce qu’il convient clairement d’identifier comme  la raison principale de son départ, à savoir  l’échec de la candidature algérienne pour l’organisation de la CAN-2017. Mis au parfum  vraisemblablement de son départ du MJS, Tahmi s’est efforcé devant les députés de la nation à livrer une analyse des raisons de l’échec aux antipodes visiblement des conclusions de ceux qui ont signé sa fin de mission.
“Je le réitère, l'échec de notre candidature pour l'organisation de la CAN-2017 n'a rien à voir avec la nature de notre dossier. Le choix du pays organisateur a plutôt obéi à d'autres considérations liées notamment aux intérêts personnels des membres du comité exécutif de la CAF, ainsi que ceux de cette instance elle-même”, s’est défendu Tahmi lors d'une séance plénière consacrée aux questions orales des députés de l’Assemblée populaire nationale (APN). Et d’ajouter : “Je peux vous assurer que nous avons présenté un dossier très solide. Même la commission d’inspection de la CAF, qui avait inspecté les installations sportives, hôtelières et autres équipements retenus dans le cahier des charges, avait présenté un rapport positif.” Plus que l’échec du dossier algérien, il est reproché surtout à Tahmi ses déclarations juste après le vote de la CAF tentant de faire porter le chapeau au président de la FAF, Mohamed Raouraoua. “Nous allons demander des explications à Raouraoua”, avait-il lancé à partir du Caire, ce qui avait fortement déplu au Premier ministre, Abdelmalek Sellal.
En outre, l’inertie constatée dans la réalisation des installations sportives notamment aux stades du 5-Juillet, de Tizi Ouzou, de Baraki, de Douéra et à des centres de formation de football ont également contribué au départ de Tahmi, trois ans seulement après sa nomination. Un départ que Tahmi a lui-même voulu provoquer il y a quelque temps, affirme son entourage. “Tahmi a déposé sa démission à trois reprises mais elle a été à chaque fois refusée par le président Abdelaziz Bouteflika avant que ce dernier ne décide de le limoger”, murmure-t-on dans l’entourage de Tahmi. Quid de son successeur, en l’occurrence  Abdelkader Khomri ? Âgé de 63 ans, Khomri fait son retour au MJS, 22 ans après l’avoir dirigé sous le gouvernement de Belaïd Abdeslam, dans un ministère de nouveau réunifié, après avoir été, l’été dernier, scindé en deux : Jeunesse et Sports. Au mois de mai dernier, il avait été du reste nommé à la tête du ministère de la Jeunesse, et l’une de ses premières missions était de représenter le président de la République lors de la cérémonie d’ouverture de la CAN-2015, alors que c’est Tahmi qui aurait dû  être désigné pour une telle manifestation sportive. Ce jour-là, le compte à rebours de Tahmi, estiment les conservateurs, avait déjà commencé…

S. L.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): LAMARI Samir

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..