Un énième remaniement et toujours les mêmes questions, Bouteflika a choisi son moment

Liberte; le Dimanche 17 Mai 2015
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Le dernier remaniement ministériel, au-delà des lectures que l’on fait sur sa teneur, suscite des interrogations quant à son opportunité, et surtout à son timing.

Annoncé depuis plusieurs mois, ce énième lifting de l’Exécutif est, finalement, arrivé au moment où personne ne l’attendait, à commencer par les ministres concernés par un tel mouvement.
Certains partants étaient, jeudi dernier, en pleine activité, alors que la veille, le Premier ministre réunissait son ancienne équipe pour une réunion, somme toute ordinaire, où rien ne présageait ce qui allait se passer le lendemain.
Alors que tout le monde attendait que le Président dévoile, enfin, le projet de révision constitutionnelle, c’est un remaniement gouvernemental qui est offert à l’opinion publique à la veille du mois sacré et des grandes vacances. L’agenda présidentiel reste un secret bien gardé et Bouteflika aime faire savoir, à chaque fois qu’il en a l’occasion, que c’est lui le seul maître à bord et que c’est lui qui choisit le moment, en prenant un malin plaisir à déjouer tous les pronostics.
Le projet de révision constitutionnelle, lancé depuis 2011, est, de fait, reporté sine die. On devrait en reparler à la rentrée, si l’on croit le patron du FLN. Mais, il se pourrait que ce projet restât au stade de projet que l’on dépoussière à chaque fois pour occuper l’opinion publique, sans jamais aller jusqu’au bout, parce que tout simplement, le consensus tant recherché par son initiateur reste impossible à réaliser, au regard du fossé qui sépare le pouvoir et l’opposition.
Il n’empêche que le mouvement opéré au sein de l’Exécutif arrive au moment où certains ministres étaient au cœur d’une tempête politico-médiatique. Même si certains sont passés à la trappe, et que d’autres ont été repêchés, le remaniement opéré jeudi dernier ne semble pas être dicté par une quelconque urgence, d’autant plus qu’il était prévu depuis plusieurs mois.
Cependant, il a le mérite d’accorder un autre sursis au pouvoir, en attendant de voir ce qui va être proposé dans la loi de finances complémentaire, et surtout en attendant de connaître, d’ici à la prochaine rentrée, le sort du projet de révision constitutionnelle.
Pour le reste, tout porte à croire qu’à travers le choix du timing, le président Bouteflika a opté pour la poursuite du statu quo et maintient la gestion du pays en vase clos.

A. B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Bensouiah Azzeddine

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