Un historien américain évoque le cas algérien, “Traçage de la carte de l’archipel ibadite”

Liberte; le Mardi 12 Mai 2015
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Partant du substrat mettant en valeur la notion de recherche sur “le traçage de la carte de l’archipel ibadite : construction et maintenance des réseaux intellectuels ibadites dans le Maghreb médiéval”, l’historien américain, Paul Love, de l’université du Michigan (USA), a présenté, dimanche à Oran, une communication au siège du Centre d’études maghrébines en Algérie (Cema), en collaboration avec l’Unité de recherche sur la culture, la communication, la langue, la littérature et l’art (Ucclla) et le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc). Quel que soit son origine ou son corollaire, le conférencier, qui s’exprimait en langue arabe, a saisi l’importance de l’apparition de la geste contenue dans les livres de littérature ibadite, en ce sens qu’elle renfermait la mémoire collective des récits des savants et historiens ibadites.
Les explications fournies par le doctorant américain s’arc-boutent essentiellement sur deux objectifs concernant la recherche académique qui résume ainsi l’approche du conférencier.
Il s’agit de la formation des réseaux scientifiques tissés entre les savants ibadites et la transmission de la mémoire des relations entre les générations futures et passées selon le rite ibadite. Ainsi et parlant de ses recherches empiriques effectuées dans le sultanat d’Oman, au Maroc, en Tunisie et, enfin, en Algérie, dernière escale de son travail sur l’histoire des communautés musulmanes ibadites, Paul Love a pu examiner le processus de la formation des réseaux intellectuels ibadites en se concentrant sur cinq ouvrages prosopographiques compilés sur une période de plusieurs siècles. Il mettra en évidence la circulation des peuples et des livres qui a aidé, selon lui, à la construction et à la maintenance des réseaux intellectuels entre ces communautés ibadites dans ces régions. Dans ce contexte, l’historien américain s’est intéressé aux livres des savants ibadites Abu Zakariya (XIe siècle), Al-Wisyani (XIIe siècle), Al-Dardjini (XIIIe siècle), Al-Barradi (XVIe siècle) et Al-Shammakhi
(XVIe siècle). Pour lui, la première étape avant l’Algérie était d’analyser le contenu de ces ouvrages, en traçant les cartes des interactions entre les savants ibadites sus-mentionnés dans les textes.
L’étape suivante pour laquelle a opté le doctorant était de compléter en 2015 et à la faveur de son voyage en Algérie et en Tunisie, d’“examiner l’histoire matérielle de ce corpus par le catalogage du plus grand nombre de manuscrits existants”. Il soulignera, à ce propos, que le plus grand nombre de ces manuscrits est concentré dans les bibliothèques familiales et privées du M’zab. Enfin, la dernière étape et le but ultime du projet de recherche de Paul Love étaient de comprendre dans quelle mesure le mouvement des peuples et des idées décrit dans ces livres prosopographiques sont reflétés par le mouvement des manuscrits eux-mêmes.
À ce stade de la réflexion, il apparaît, selon le conférencier, que l’hypothèse actuelle suggère que ces deux chemins de mouvement étaient très similaires et que la circulation régulière des gens, des idées et des manuscrits entre les communautés ibadites a permis de former et de  maintenir les réseaux intellectuels qui reliaient les savants ibadites à travers le temps et l’espace.    

K. R-I.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): K. REGUIEG-ISSAAD

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