Une journée mondiale leurs sont consacrées, Recherche désespérément des toilettes publiques

Liberte; le Jeudi 14 Mai 2015
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Devenues très rares, comme les espaces de jeux et de divertissement, les toilettes publiques se font très «discrètes» à Alger. On en compte de très rares dan toute la capitale. A Alger-centre par exemple deux uniquement sont « visibles », une à la Place Audin, et l’autre du côté de la « Place des Martyrs ».

Pourtant elles sont d’une nécessité « pressante ». Cependant en parler reste «tabou» dans notre société (et même ailleurs). Un constat établi par Liberté-algerie.com en entreprenant une recherche sur le sujet.

Photo : D.R

A notre grande surprise, nous avons rencontré des difficultés à connaître les dangers de l’absence des toilettes à Alger, auprès même de plusieurs médecins que nous avons contactés. Ils ne voulaient pas que leurs noms soient associés aux…toilettes publiques.

Talbi Lyes, médecin résident au service de néphrologie (une spécialité médicale visant à prévenir, diagnostiquer et soigner les maladies des reins), au CHU Nafissa Hamoud (ex-Parnet) a eu la «conscience» de répondre à différentes interrogations. « Se retenir d’uriner peut provoquer des infections urinaires comme la cystite, la pyélonéphrite qui peut toucher même les reins, et dans des cas la salpingite, une inflammation d'une, ou plus souvent des deux trompes de Fallope, qui est la première cause de stérilité chez la femme », a-t-il expliqué. « Ça donne aussi des fuites urinaire, la pollakiurie qui se traduit par l’envie d'uriner tout le temps. En plus d’une rétention vésicale aigue, c’est un blocage où il y a impossibilité d’uriner, et c’est ce qui favorise éventuellement le reflux vésico-urétéral, qui est une infection urinaire à répétition », a-t-il conclu.

Des conséquences très nocives sur la santé qui ont amené l’ONU et l’OMS à consacrer, depuis 2001 déjà, une journée mondiale aux toilettes, chaque 19 novembre. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), « en 2014, un milliard de personnes font leurs besoins en plein air, et 2 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour de maladies diarrhéiques, causées par l'absence de toilettes ».

Mais pourquoi se retenir d’uriner ?  Tout simplement parce qu’il y a un manque de toilettes. Et comme la nature a horreur du vide, les gens utilisent parfois les escaliers en guise d’urinoirs. Tandis que d’autres font leur besoin dans les cages d’escaliers des immeubles. « J’habite au cinquième étage, et je me pince le nez chaque matin en empruntant les escaliers, vu que l’ascenseur ne fonctionne pas. Pour se cacher, ils montent pour uriner au premier étage », déplore Sabrina.

Photo : D.R

Un problème mondial !

Une réalité amère, pourtant très familière pour les algérois, et même de par le monde. En Inde, par exemple, il est très fréquent de voir des hommes uriner contre les murs. Pour y remédier à cette « habitude », “The Clean Indian” (l'Indien propre), un groupe d'activistes anonymes a mené une campagne sur ces personnes. Leur arme ? Le « Pissing Tanker », le camion anti « pisse », patrouillant la ville de Mumbai, et arrosant d'eau les personnes urinant en public.

Le Bangladesh a trouvé également une solution pour empêcher les gens d’uriner dans la rue. Le ministère des Affaires religieuses a décidé d’écrire sur les murs en arabe demandant aux gens de ne pas faire pipi en public. Une langue considérée sacrée par les musulmans Bengalis, bien que la plupart ne soit pas en mesure de la lire.

Ces solutions font gagner la bataille contre les gens qui urinent en public, mais que font les autorités pour fournir des toilettes publiques ?

 

Imène AMOKRANE

@ImeneAmokrane

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Imène AMOKRANE

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