Aigle Azur « en danger » à cause d’un blocage de 28 millions d’euros en Algérie

Tsa; le Jeudi 17 Decembre 2015
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La compagnie aérienne Aigle Azur est en danger. Les difficultés de la compagnie française sont directement liées au blocage du rapatriement d’une somme proche de 28 millions d’euros par la Banque d’Algérie, affirme le journal français La Tribune. « Ce dossier très sensible est suivi au plus haut niveau de l’État français », ajoute le média français. Et pour cause : « L’hypothèse d’une cessation de paiement est sur toutes les lèvres », affirme La Tribune.
Que représentent ces 28 millions d’euros ?
Selon le journal français, « ces fonds bloqués correspondent au reliquat de trois types de recettes avant 2011 : les redevances passagers qui pendant longtemps ne pouvaient pas être rapatriées en France selon la loi algérienne (elles le sont aujourd’hui), les surcharges carburant et les billets émis non utilisés ».
Cela dit, dans un précédent article de TSA, analysant les comptes de la compagnie aérienne, nous rappelions les dispositions réglementaires algériennes qui prévoient que les bénéfices et dividendes ne peuvent être rapatriés qu’après que le service soit effectivement réalisé. De plus, le rapatriement de ces sommes ne peut se faire qu’après acquittement des différents impôts et taxes.
Or, ce ne serait pas le cas en Algérie. En effet, comme nous l’indiquions, les sommes réclamées à l’Algérie par Aigle Azur correspondraient justement à des taxes et à des billets d’avions non-utilisés et remboursables et ne seraient donc pas liés à un service réel et concret.
Pressions et mesures de rétorsions
Dans tous les cas, Aigle Azur a « du plomb dans l’aile » en raison du contentieux avec la Banque d’Algérie. La Tribune indique que « l’hypothèse d’une cessation de paiement est sur toutes les lèvres » et que 1 200 emplois, « dont 600 en France », sont en jeu. De plus, les actionnaires de la compagnie (le groupe GoFast à 51% et le chinois HNA à 49%) ne sont pas prêts à mettre la main à la poche, indique la même source. Dans ces conditions, la solution semble avant tout politique.
Un accord bilatéral entre la France et l’Algérie dans le domaine du transport aérien autorise le rapatriement des devises et la compagnie nationale Air Algérie en bénéficie, selon la même source. « Des voix s’élèvent pour déplorer le manque d’énergie déployée par la France pour faire respecter l’accord aérien », note La Tribune. Citant une source proche du dossier, l’hebdomadaire français relève que « la France dispose de moyens de pressions sur l’Algérie en menaçant par exemple de refuser les nouvelles demandes de vols pour la France des compagnies algériennes. »
Les « enjeux diplomatiques » autour de ce dossier sont sensibles, et « dépassent le cas d’Aigle Azur » précise La Tribune.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Tewfik Abdelbari

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