Aït Ahmed : une unanimité sans précédent

Tsa; le Dimanche 27 Decembre 2015
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Cinq jours après le décès de Hocine Aït Ahmed, les hommages continuent. Ils viennent aussi bien d’Algérie que de l’étranger. Ce dimanche, Ahmed Taleb Ibrahimi a rendu un vibrant hommage à son « ami et frère ».
« Aujourd’hui, si l’Algérie perd un combattant infatigable et un militant exemplaire en la personne de Hocine Aït Ahmed, je perds un ami et un frère », écrit-il dans une contribution publiée par El Watan et El Khabar. L’ancien ministre est longuement revenu sur le parcours exemplaire de Hocine Aït Ahmed, le moudjahid et le militant de la démocratie. « J’ai connu Hocine Aït Ahmed au Caire, en 1953, et déjà on s’attachait à l’homme de conviction doublé d’un patriote intransigeant ».
Comme Ahmed Taleb Ibrihimi, la classe politique, du pouvoir et de l’opposition, a été unanime à saluer la mémoire et le combat de Hocine Aït Ahmed. Du président Bouteflika aux anonymes qui s’expriment sur les réseaux sociaux en passant par ses anciens rivaux politiques, tout le monde a loué l’homme et le militant. Aucune voix discordante.
Le pouvoir l’a vite compris. Même si Hocine Aït Ahmed a fait savoir avant son décès qu’il refusait des funérailles officielles, les autorités se sont rapidement montrées disponibles. Dès mercredi soir, le président Bouteflika a fait lire un message de condoléances à la télévision. Le lendemain, il décrète un deuil national de huit jours, une durée réservée aux chefs d’État. Les hautes personnalités du pays se sont déplacées au siège du FFS pour présenter leurs condoléances.
Amar Saâdani, secrétaire général du FLN, a appelé à lever l’injustice contre Hocine Aït Ahmed : « C’est un exemple de sacrifice. Un moudjahid qui a vécu pour l’Algérie. Mais malheureusement, il a été confronté à ce qu’aucun moudjahid ou militant n’a été confronté. C’est-à-dire de l’injustice. Il faut que les Algériens libres lèvent cette injustice et le reconsidèrent. Il ne s’est pas opposé à l’État algérien mais aux personnes qui ne voulaient d’État démocratique », a-t-il notamment dit. Pourtant, durant son parcours d’homme politique, Hocine Aït Ahmed n’a jamais fait la moindre concession au pouvoir, refusant le moindre compris sur la démocratie et les droits de l’Homme.
« Ces détracteurs qui, aujourd’hui, louent le patriote et néanmoins opposant au régime, ont raison de faire cette distinction. Ils ont raison, parce qu’elle leur permet de récupérer politiquement un événement susceptible de compenser leur déficit de légitimité et parce qu’ils tentent une diversion bien utile en ces temps d’incertitude. Cette précision est utile, car cette capacité de reconnaître l’amour de la Patrie dans l’opposition au régime et de distinguer entre l’opposition au régime et la contestation générale relèvent d’une qualité qui se raréfie », analyse la politologue Louisa Aït Hamadouche dans les colonnes du journal El Watan.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Riyad Hamadi

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