Baisse du dinar : Benkhalfa met en cause le marché parallèle de la devise

Tsa; le Mardi 22 Decembre 2015
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Abderrahmane Benkhalfa demande aux citoyens de faire confiance à « l’intelligence algérienne » et de croire en ses capacités à trouver des solutions dans cette conjoncture économique « extraordinaire », marquée par le recul constant des cours du pétrole. Invité ce mardi du Forum d’El Moudjahid, le ministre des Finances a parlé pendant deux heures. Mais il s’est montré incapable d’apporter des éléments de réponse à plusieurs questions sensibles.
C’est le cas pour la dépréciation du dinar algérien. Benkhalfa a ressorti les éléments de langage déjà utilisés par le Premier ministre et les précédents ministres des Finances : « Ce n’est pas le dinar qui a reculé mais c’est bien le dollar qui a augmenté, une hausse qui affecte toutes les monnaies ». Le ministre ne dit pas la vérité : le dinar a baissé par rapport à toutes les principales devises.
Mais Abderrahmane Benkhalfa est allé plus loin que le discours officiel, en pointant du doigt « ceux qui vendent de grands montants de dinars comme des croissants à des prix faibles », en allusion au marché parallèle. Il concède aussi que « la valeur de la monnaie reflète en réalité la valeur de l’économie du pays (…) Il faut instaurer la confiance en notre monnaie et soutenir la compétitivité de l’économie nationale ». Vaste programme.
Autre question difficile à laquelle le ministre n’a pas répondu : dans quelles ressources le gouvernement compte-t-il puiser pour financer le déficit budgétaire estimé à près de 4000 milliards de dinars en 2016 ? Réponse de Benkhalfa : « Je ne sais pas pourquoi vous ne faites pas assez confiance à l’intelligence algérienne ». Avant de poursuivre : « Le président algérien nous a instruit de chercher des ressources palliatives pour chaque dollars perdu. C’est à l’intelligence nationale de trouver ces ressources ». Des réponses qui ont de quoi inquiéter les Algériens.
Dans ce contexte, Abderrahmane Benkhalfa invite les plus sceptiques « à cesser d’interpréter d’une manière erronée », certaines dispositions de la Loi de finances 2016, notamment l’article 66 qui ouvre le capital des entreprises publiques aux privés. « Il faut arrêter de penser que certaines dispositions profitent à une seule personne ».

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Achira Mammeri

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