Debdeb (Illizi) : calme précaire, la population dénonce « les dépassements de la Gendarmerie »

Tsa; le Mercredi 16 Decembre 2015
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La situation sécuritaire dans la commune Debdeb, frontalière avec la Libye, est « tendue après les affrontements qui se sont produits dans la nuit de lundi à mardi entre des jeunes de la région et les éléments de la gendarmerie nationale », a-t-on appris auprès de Ibrahim Intimat, président du bureau local de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH). Ce dernier « dénonce avec force les dépassements inacceptables des services de sécurité ».
À l’origine de ces affrontements, une série de perquisitions de domiciles menée par les services de la Gendarmerie nationale. Ces derniers sont à la recherche de véhicules en provenance de Libye et des armes à feu. « La violence et les insultes de la Gendarmerie nationale lors de ces perquisitions ont poussé des jeunes à la révolte ce qui a provoqué des émeutes », explique Belkacem Ghadir, un des notables de Debdeb.
Des blessés, des arrestations
Le notable affirme avoir « été témoin des provocations de la part de la gendarmerie ». « Lorsqu’ils perquisitionnent une maison et ils ne trouvent rien, ils malmènent les portes des maisons et insultent les citoyens », affirme-t-il.
« Lors des affrontements, les gendarmes ont fait un usage excessif des bombes lacrymogènes à l’intérieur des agglomérations urbaines. Résultats : trois blessés, deux femmes et une personnes âgée asphyxiés qui a été transportée à l’hôpital », raconte M. Ghadir.
« Nous avons tenté de dialoguer avec les responsables de la Gendarmerie nationale et calmer les esprits. Mais ils ont refusé. Pire : ils nous ont dit que même à Ghardaïa ils ont ramené le calme. C’est de la provocation », poursuit-il tout en dénonçant « ces dépassements ». « Deux arrestations ont eu lieu. Les deux personnes arrêtées possédaient des véhicules sans papiers », selon lui. « Hier et aujourd’hui, un renfort de six camions des forces antiémeute est arrivé dans la commune ».
Précarité et chômage
Pour le président de la section locale de la LADDH, Brahim Intimat, « c’est le chômage et la précarité qui poussent les jeunes à travailler dans la contrebande pour subvenir à leurs besoins ». Il réclame « l’arrêt immédiat de la provocation ». « Il ne faut pas pousser les jeunes de la région à la radicalisation. Le risque terroriste est tel qu’ils (les jeunes) peuvent être séduit par les groupes armés pour se venger », a-t-il mis en garde.
Abbas Bouamama, sénateur RND d’Illizi, a alerté Ahmed Gaid Salah, vice-ministre et chef d’État-major sur « les provocations de la gendarmerie ces derniers jours dans la commune de Debdeb lors des opérations de perquisition de maison ». Contacté ce matin par TSA, le sénateur de la wilaya d’Illizi évoque un retour au calme.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Imad Boubekri

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