Farouk Ksentini appelle Nezzar et Betchine à élever le débat et prendre exemple sur Bouteflika

Tsa; le Mercredi 13 Janvier 2016
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Farouk Ksentini est déçu par la polémique qui oppose depuis quelques jours des personnalités politiques et militaires des années 1990. « Quand on est un homme public, on doit s’exprimer avec modération. J’ai un respect égal pour toutes les personnalités qui sont impliquées dans ce débat. Mais je regrette le niveau des discours des uns et des autres qui devrait être plus élevé », a déclaré, ce mercredi 13 janvier, le président de la Commission nationale de promotion et protection des droits de l’Homme (CNPPDH), Farouk Ksentini.
Il appelle à prendre exemple sur le président de la République Abdelaziz Bouteflika. « Le chef de l’État n’a jamais élevé le ton, ni polémiqué avec des personnes, ni agressé verbalement qui que ce soit lorsqu’il faisait ses campagnes électorales. Il s’était contenté à l’époque de développer ses idées et ses programmes. Que l’on prenne conscience de cette démarche », a-t-il dit.
Constitution : absence de la dépénalisation de l’acte de gestion
Revenant sur les dispositions contenues dans l’avant-projet loi portant révision de la constitution, Me Ksentini s’est interrogé sur l’absence dans le texte de dispositions consacrant la dépénalisation de l’acte de gestion, « en dépit des instructions formelles du chef de l’État à cet égard ».
Me Ksentini juge « impératif » d’aller vers cette dépénalisation de l’acte de gestion, car le délit de gestion est « extrêmement dangereux et contre-productif ».
Rétention de l’information
Sur un autre registre, Me Ksentini, a dénoncé les obstacles à l’accès à l’information pour l’organisme qu’il préside. « Je ne détiens pas le nombre exacte des personnes detenues dans les prisons notamment au titre de la détention provisoire, ainsi que celles définitivement condamnées, à cause de l’existence de la rétention de ces chiffres et l’absence de l’accès aux à informations réduisant à néant nos marges de manœuvre», a-t-il révélé.
Selon des estimations approximatives de la Commission des droits de l’Homme (CNCPPDH), précise Ksentini, le nombre de personnes incarcérées est de 55 000. Un chiffre « énorme », a-t-il estimé.
L’accès à l’information constitue, explique-t-il, un « élément fondamental et capital dans toute société démocratique », en espérant que l’accès à l’information tel que garanti dans la nouvelle mouture de la construction  soit « concrètement » appliqué.
Une justice répressive
Évoquant la détention préventive, il a indiqué que la réglementation « n’a jamais été observée ni dans la lettre ni dans l’esprit », à cause « d’une justice tournée exclusivement vers la répression », ce qui est « dangereux et anti-démocratique». Il a plaidé à l’abandon de son usage et de privilégier la présomption de l’innocence.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nadjwa Khelil

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