Habib Yousfi charge violemment le FCE, défie Ali Haddad, critique la Loi de finances 2016

Tsa; le Mercredi 16 Decembre 2015
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Habib Yousfi, président de la Confédération générale des entreprises algériennes, dénonce, dans un entretien à TSA, les agissements du Forum des chefs d’entreprises (FCE) et de son président Ali Haddad. M. Yousfi apporte également son soutien à la vice-présidente de BusinessMed, Saïda Neghza, au centre d’une polémique avec le FCE qui demande « sa tête ».
Vous avez fait parvenir une mise au point sur l’affaire opposant Saïda Neghza à Ali Haddad. Qu’en est-il ?
Je tenais à faire une mise au point au « patron des patrons » [Ali Haddad, NDLR]. Nous avons des enregistrements et des pièces. Je ne veux pas aller dans la polémique stérile, qui n’apporte aucun résultat mais il faut mettre certaines choses au clair. Car cette affaire ne contribue pas à une saine évolution du pays.
Qui a demandé le départ de Mme Neghza ?
C’est M. El Ouadah [membre du FCE, NDLR]. Madame Nezgha dispose d’un enregistrement téléphonique, clair, net et précis, dans lequel ce Monsieur reconnaît et avoue explicitement avoir suggéré au président de BusinessMed, de liquider Madame Neghza du poste de vice-présidente. Il ne faudrait pas que M. Haddad vienne dire que l’on n’a pas de preuves. Tout cela, c’est du « blabla ».
Deuxième élément. À supposer que le FCE veuille prendre la place de notre vice-présidente, quel serait l’intérêt ? Le grand perdant serait l’Algérie. Il ne faut pas oublier que notre organisation [la CGEA] est membre fondateur de cette structure [BusinessMed]. Le FCE n’est qu’un élément dont nous avons accepté l’adhésion en tant que membre non-votant. S’ils cherchent à exclure la vice-présidente de ces deux structures, ce serait scandaleux !
Pourtant j’ai été très correct : j’ai proposé au président du FCE de venir débattre et confronter nos programmes économiques respectifs, sur un plateau de télévision. Je le mets au défi, s’il est capable de le faire. Il ne faut pas qu’il dise que nous entretenons une polémique de bas niveau. C’est honteux de sa part de dire cela, c’est un niveau de caniveau…
Sur un autre sujet : que pensez-vous de la Loi de finances ?
J’ai eu l’occasion de répondre. Vous savez que nous sommes engagés en tant que partenaires du Pacte économique et social (PES). Je dis, en toute honnêteté, que nous soutenons l’action du Premier ministre Abdelmalek Sellal. Mais, sur cette affaire, nous n’avons pas été consultés sur les dispositions arrêtées dans la Loi de finances 2016. Pourtant, le principe du dialogue et de la concertation a été arrêté et notifié dans le cadre du PES, à travers un acte notarié qui plus est.
Venez ! Dialoguez ! Échangeons des idées, nous pourrions apporter des solutions intéressantes qui s’adressent aux opérateurs économiques. Pourquoi cette Loi de finances a-t-elle été élaborée « entre eux » seulement ? Nous ne prétendons pas nous substituer à des décisions gouvernementales, ce n’est pas notre rôle, mais nous demandons une concertation sur toutes les décisions majeures qui touchent l’économie.
Ceci sur la forme. Mais sur le fond, ne trouvez-vous pas la Loi de finances satisfaisante ?
Non, je ne peux pas discuter du fond. Nous n’avons pas participé à son élaboration et nous n’avons pas été consultés. Je ne connais pas les tenants et les aboutissants des paramètres qui ont poussé ces personnes à élaborer certaines dispositions. Comment voulez-vous que je donne un avis dans ces conditions ? Je ne peux pas la cautionner car je n’ai pas participé.
Le problème principal est que cette Loi de finances ne contient pas des dispositions qui permettent d’aller vers la croissance. Elle reflète exclusivement la possibilité de mettre fin au déficit budgétaire. On aurait voulu une Loi de finances qui permette de « se battre » et d’aller vers la croissance. Où sont ces dispositions ?

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Tewfik Abdelbari

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