Inflation : les chiffres invraisemblables de l’ONS

Tsa; le Mercredi 23 Decembre 2015
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L’Office national des statistiques (ONS) a publié, ce mercredi 23 décembre via l’agence officielle APS, les chiffres de l’inflation. Le rythme de l’inflation annuelle a atteint 4,9% entre décembre 2014 et novembre 2015. Les prix à la consommation ont, quant à eux, officiellement augmenté de 3,42% entre novembre 2014 et novembre 2015, indique l’ONS.
Les biens alimentaires en hausse
Le prix moyen des biens alimentaires a augmenté de 0,6% en glissement annuel. Les produits agroalimentaires enregistrent une hausse de 5,5% tandis les produits agricoles frais ont reculé de 4,04%, rapporte l’APS.
Dans le détail, les baisses concernent les prix de la pomme de terre (-34,8%), les œufs (-18,25) et les légumes frais (-11,83%). Au contraire, les boissons non alcoolisées (+9,26%), le pain et céréales (+6,2%), les poissons frais (5,8%), la viande de poulet (+4,23%) et les fruits frais (+4,03%) enregistrent les plus fortes hausses durant la période étudiée, selon l’ONS.
Pour les autres catégories, la même source indique que le prix moyen des biens manufacturés a augmenté de 6,57%, tandis que les services ont vu leur prix croître de 4,96%. Enfin, les prix à la consommation du groupe habillement et chaussure (8,67%), l’éducation, culture et loisirs (7,33%), des produits de santé et hygiène corporelle (6,04%), les transports et communications (5,14%) ainsi que pour le logement et charges (5%) ont tous connu des augmentations.
Ces chiffres sont-ils fiables ?
Seulement, dans les faits, ces chiffres semblent grossièrement sous-estimés. L’Algérien moyen et les couches les plus vulnérables ont du mal à « joindre les deux bouts » et beaucoup se plaignent de l’érosion de leur pouvoir d’achat.
Comment peut-il en être autrement ? Rappelons que le dinar a perdu près de 35% de sa valeur en quelques mois. Une dévaluation qui frappe directement le portefeuille des ménages, à travers le phénomène bien connu de l’inflation importée.
En effet, de l’aveu du gouvernement, une grande partie des produits consommés sont issus de l’importation. Avec la baisse du dinar, ces produits se renchérissent mécaniquement, surtout que les salaires, eux, n’ont que très peu évolué.
Dans ces conditions, il est difficile de ne pas douter de la véracité des chiffres de l’ONS, tant ils semblent peu représentatifs de la réalité du terrain et du quotidien des Algériens.
Interrogations sur les choix de l’ONS
Il ne s’agit pas de contester les méthodes de calcul de l’Office. Celles-ci suivent des normes et des techniques standardisées et reconnues. Seulement, le choix de l’ONS est contestable sur la nature des produits composant le « panier des ménages », utilisés comme référence. À titre d’exemple, les loyers pris en comptent par l’Office national des statistiques sont ceux de l’OPGI (public). Des prix bien-en-deçà de la réalité du marché.
Pour plus de crédibilité, l’ONS devrait songer à revoir ce panier, y intégrer plus de produits importés et prendre en compte le contexte économique de l’Algérie, notamment en ce qui concerne la valeur du dinar.
Ou alors… L’ONS a des « tuyaux » pour acheter des denrées et produits moins chères que le prix du marché. Il s’agirait alors pour cet organisme public de partager ses trouvailles avec le commun des Algériens.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Tewfik Abdelbari

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